L’une des premières pièces de l’exposition « Passavant le meilleur ! », visible à Troyes (Aube) depuis ce mardi 5 mai et jusqu’au samedi 31 octobre 2026, est un fanion de l’Estac (Espérance sportive Troyes Aube Champagne), le club de football fraîchement sacré champion de France de Ligue 2, avec son logo en vigueur au début des années 2000.
Il porte la mention « Passe avant le meilleur ». Par-delà l’orthographe variable selon les époques, sa présence sur le fanion témoigne de la riche histoire de la Champagne et comment elle impacte son présent. Au Moyen Âge, « Passavant li meillor ! » était le cri lancé sous la bannière des comtes de Champagne.
Une cinquantaine d’institutions ont prêté des objets exposés
Durant quatre siècles, du Xe siècle jusqu’à 1361, quand le comté est rattaché au royaume de France, la Champagne est une place forte de l’Europe occidentale. Commerce, politique, création artistique… Elle est en pointe dans de multiples domaines. C’est ce riche passé que l’exposition sous-titrée « La Champagne au temps des comtes » retrace sur près de 600 m2 dans le cadre de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, près des quais de Seine. Le lieu est symbolique. Comte de Champagne et de Brie de 1152 à 1181, Henri Ier le Libéral est à l’origine de sa construction pour venir en aide aux pauvres et aux malades.
Plus de 300 œuvres et documents sont rassemblés pour cette exposition, initiée par le département, d’une ampleur inédite sur l’histoire du comté de Champagne. Vice-président du conseil départemental en charge de la culture et du tourisme, Valéry Denis rappelle l’importance de l’Aube dans l’histoire de la Champagne et du Grand Est avec une large proportion d’objets protégés dans le département.
« Cette exposition n’est pas un coup unique mais s’inscrit dans une série sur le patrimoine de la Champagne. » Elle est le fruit de plusieurs années de préparation. « Les premières demandes de prêts ont été lancées en 2022, souligne Nicolas Dohrmann, le directeur des Archives et du patrimoine de l’Aube. Il y a une cinquantaine d’institutions prêteuses. » Certaines sont basées à l’autre bout de la planète.
Les vitraux de la cathédrale romane de Troyes enfin réunis
Issues de collections publiques et privées, les œuvres exposées viennent des quatre coins du monde. Comme les vitraux rassemblés dans l’ultime salle de l’exposition. Une vingtaine de panneaux réalisés vers 1170-1180 pour la cathédrale romane de Troyes, qui n’avaient pas été réunis depuis le XVIIIe siècle. Ces pièces rares sont aujourd’hui dispersées entre France, les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Le temps de l’exposition, ils retrouvent leur cohérence historique.