L’Iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023 détenue en Iran depuis décembre, se trouve « entre la vie et la mort » après son hospitalisation en urgence le week-end dernier, selon son avocate.

« Nous n’avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, elle risque à tout moment de nous quitter », a déclaré mardi Me Chirinne Ardakani lors d’un point presse de son comité de soutien à Paris. « On ne se bat pas que pour sa liberté, on se bat pour que son cœur continue de battre », a-t-elle ajouté.

« Sa famille affirme qu’il y a eu une détérioration nette de sa santé ces derniers jours - et craint qu’elle ne meure si elle ne reçoit pas de soins médicaux adéquats », a indiqué la Fondation Narges.

Alors que les deux enfants de Narges Mohammadi ainsi que son mari vivent à Paris, Me Chirinne Ardakani a exhorté Emmanuel Macron à adopter une ligne plus ferme dans cette affaire. « Nous attendons du président une position forte. Je ne pense pas que ce soit excessif » de faire une telle demande, a déclaré l’avocate. La militante des droits humains a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s’exprimer et est actuellement « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation, selon son avocate.

Les soutiens de la militante souhaitent qu’elle soit transférée à Téhéran pour être soignée par son équipe médicale personnelle.

Condamnée à six ans de prison en février

La militante de 54 ans a été hospitalisée le 2 mai après une crise cardiaque dans la prison de Zanjan dans le nord-ouest du pays où elle est détenue depuis février. Selon son avocat Mostafa Nili, Narges Mohammadi « s’est évanouie après une chute soudaine de sa tension artérielle ». Après son refus initial d’un transfert par crainte d’un traitement inadéquat, elle a dû être hospitalisée après avoir perdu de nouveau connaissance, avec pour priorité « la prise en charge de son état neurologique ».

Narges Mohammadi, a été arrêtée le 12 décembre à Mashhad après avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes lors d’une cérémonie funéraire. En février, elle a été condamnée à six années supplémentaires de prison pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi d’emprisonnement pour propagande contre le système islamique de l’Iran. Privée de contact avec sa famille, l’Iranienne avait entamé une grève de la faim.