Le frère de Mohammed Mogouchkov, l’auteur présumé de l’attentat d’Arras (Pas-de-Calais), pourrait être expulsé du territoire français. Le tribunal administratif de Melun a rejeté ce mardi son recours contre une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
La justice a estimé que « le comportement de ce ressortissant russe constituait une menace pour l’ordre public justifiant la mesure d’éloignement et l’interdiction de retour prononcées à son encontre ».
Écroué pendant deux ans et demi
Il a été écroué pendant deux ans et demi avant d’être remis en liberté et assigné à résidence sous surveillance électronique le 16 avril, sur décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
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Mais sitôt sorti de détention, il avait été arrêté et placé en centre de rétention administrative (CRA) au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en vue d’une expulsion vers la Russie, en application d’une OQTF prononcée par le préfet du Val-d’Oise début avril. Le lendemain de son arrivée en CRA, le jeune homme avait déposé un recours, rejeté le 22 avril, et sa rétention administrative avait été prolongée.
Le 13 octobre 2023, son frère aîné, Mohammed Mogouchkov, un jeune Russe radicalisé originaire de la province d’Ingouchie, a poignardé à mort son ex-professeur dans son ancien lycée et blessé trois autres personnes avant d’être interpellé. Un événement qui a profondément choqué, presque trois ans jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Les enquêteurs soupçonnent son frère cadet, âgé aujourd’hui de 19 ans, d’avoir montré à Mohammed Mogouchkov comment manier un couteau.
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« Une passion » pour les armes
S’il n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune condamnation pénale, le tribunal administratif relève que le jeune homme a reconnu « avoir soupçonné son frère d’un passage à l’acte sans rien signaler aux autorités », partager les opinions d’un autre frère condamné pour apologie du terrorisme, trouver « divertissantes » des vidéos de combats et d’exécutions diffusées par l’organisation État islamique, et nourrir « une passion » pour les armes.
La justice a également retenu les conclusions de plusieurs expertises psychologiques évoquant « l’idéologie fondamentaliste du requérant, sans pouvoir écarter tout risque de passage à l’acte criminel ». L’autorité judiciaire, les services pénitentiaires et le dispositif Pairs, spécialisé dans le traitement des comportements radicalisés, ont également fait état d’une « évolution inquiétante de son comportement récent ».