La menace n’a jamais été aussi forte. La numéro 1 mondiale de tennis Aryna Sabalenka s’est dite prête, mardi, à boycotter les tournois du Grand Chelem pour obtenir une meilleure répartition des revenus, après qu’un collectif de joueurs a fait part, lundi, de sa « profonde déception » à propos de la hausse de la dotation prévue à Roland-Garros. Le rendez-vous parisien se tiendra cette années du 24 mai au 7 juin.

« Nous faisons le show, a déclaré Sabalenka en conférence de presse en marge du tournoi WTA 1000 de Rome. Sans nous, il n’y aurait pas de tournois, sans nous, il n’y aurait pas de divertissement, je pense que nous méritons d’être mieux payés. »

« Si c’est la seule solution »

« À un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits », a poursuivi la Biélorusse. « S’il faut en arriver au boycott, je pense que nous, les joueuses, nous pouvons nous unir, car certaines choses en Grand Chelem sont vraiment injustes pour nous. »

En avril 2025, les principaux joueurs des circuits ATP et WTA avaient cosigné une lettre adressée aux organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem (Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open) dans laquelle ils demandaient une meilleure répartition des revenus, réclamant que la part destinée aux joueurs passe à 22 %.

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Une dotation record de 61,7 millions d’euros à Roland Garros

Depuis les Grands Chelems ont tous revus leurs dotations à la hausse. Le tournoi parisien a d’ailleurs annoncé mi-avril que la dotation globale pour l’édition 2026 s’élèverait à 61,7 millions d’euros, soit une hausse de 9,5 %.

Une défaite au premier tour des qualifications rapporte au minimum 24 000 euros, atteindre le tour principal 87 000 euros. Le vainqueur du tournoi remporte 2,8 millions d’euros, contre 2,5 Md’€ l’an dernier.

Une réponse insuffisante pour les joueurs et joueuses, dont Sabalenka mais aussi le numéro 1 du circuit masculin Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Alexander Zverev, Coco Gauff et Iga Swiatek, ont déploré que « la part des gains versés restera probablement inférieure à 15 %, bien loin des 22 % demandés ».

« Une solution un peu extrême »

Interrogée sur ce sujet avant son entrée en lice à Rome, la Polonaise Iga Swiatek a estimé elle que « le boycott des tournois serait quand même une solution un peu extrême ». « Le plus important est de communiquer et de discuter avec les organisateurs, de négocier. Espérons qu’avant Roland-Garros il y aura la possibilité d’avoir une réunion de ce type », a indiqué avec diplomatie la numéro 3 mondiale.

Sollicitée par l’AFP en début semaine, la Fédération française de tennis (FFT) a rappelé que la dotation avait augmenté de 45 % depuis 2019 et qu’une « part significative » de la hausse en 2026 avait été orientée vers les « joueurs éliminés lors des premiers tours du tableau principal et des qualifications », avec des hausses supérieures à 11 %.