À partir de ce mardi 21 avril, l'élève suspecté d'avoir tué Agnès Lassalle, professeure poignardée en février 2023, fera face à la justice à Pau. Plus de trois ans après les faits, Stéphane Voirin, le compagnon de la victime, se dit "serein et impatient".

Sa danse, face au cercueil, avait ému la France entière. Trois ans après le meurtre de l'enseignante Agnès Lassalle, son compagnon Stéphane Voirin témoigne ce lundi 20 avril sur France Inter, à 24 heures du début du procès pour assassinat devant la cour d'assises des mineurs de Pau.

Le 22 février 2023, la professeure d'espagnol âgée de 53 ans qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin, à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), avait été tuée d'un coup de couteau à la poitrine par l'un de ses élèves de 16 ans.

"Il faut avancer", assure celui qui dit avoir continué la "philosophie de vie" adoptée avec sa compagne: "je n'ai jamais cessé de danser".

"C'est long trois ans, sans tourner une page"

Au sein de la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, Stéphane Voirin espère désormais "dire les choses", face à l'accusé. Que ce procès soit un "exutoire" avant de "passer vraiment à autre chose".

"Je suis serein et impatient, c'est long trois ans, sans tourner une page. J'ai confiance en la justice et ses protagonistes", déclare-t-il sur France Inter.

De même, il attend de la justice "une reconnaissance d'un acte odieux" et de la "souffrance" causée par ce meurtre. Il souhaite, enfin, "rétablir l'équilibre" et rappelle que ce procès est celui "d'un individu qui a fauté" face à la "première victime, (sa) compagne qui faisait excellemment bien son boulot".

"Cela fait deux ans que je travaille sur ce dossier, j'ai ma vérité que j'entends assumer. (...) J'entendrai les propos (du suspect), pourvus qu'ils soient sincères. Il y a des faits, ils sont là, j'ai une totale confiance envers nos institutions", tranche-t-il.

"De plus en plus" de violences à l'école

Stéphane Voirin revient également sur les "bienfaits" et "la force" donnée par les nombreux témoignages d'affection reçus ces dernières années. Il exprime toutefois sa colère face à la répétition des violences au sein du milieu scolaire.

"J'aurais voulu que ça soit l'acte d'un fou, mais la réalité c'est qu'il y a de plus en plus souvent des actes violents perpétrés dans les écoles envers le personnel et les élèves des écoles entre eux, c'est inentendable", fustige ce dernier.

Celui qui a fréquemment pris la parole lors d'autres agressions d'enseignants survenue après celle de sa compagne l'affirme: "j'aurais tant voulu que ça s'arrête là".