Lundi 20 avril, une femme allemande a été arrêtée dans le sud de la Russie avec une bombe artisanale dans son sac à dos. Le FSB, le service de sécurité russe, a déclaré que cette bombe devait servir à un "attentat planifié" par l'Ukraine.

Une Allemande a été arrêtée dans le sud de la Russie après qu'une bombe artisanale, devant servir à un "attentat planifié" par l'Ukraine, a été retrouvée dans son sac à dos, ont annoncé lundi 20 avril les services de sécurité russes.

Cette ressortissante allemande, dont l'identité n'a pas été dévoilée, est "née en 1969", a déclaré le FSB, cité par les agences de presse étatiques. Elle a été entraînée dans la préparation de cet "attentat" par une personne originaire d'un pays d'Asie centrale, qui agissait sur ordre de l'Ukraine, a encore affirmé le FSB cité par les agences de presse étatiques.

L'engin explosif artisanal détenu par la citoyenne allemande devait être déclenché à proximité d'un site des forces de sécurité dans la ville de Piatigorsk, dans le Caucase, ont-ils ajouté dans un communiqué. La charge explosive provenait "de caches d'armes constituées par les services de renseignement ukrainiens" et l'explosion a été empêchée grâce au brouillage électronique, a précisé le FSB.

Le FSB a précisé qu'un ressortissant d'une des républiques d'Asie centrale, "né en 1997", avait également été identifié et arrêté. L'homme est accusé d'être celui qui devait déclencher à distance l'engin contenant une charge explosive équivalente à 1,5 kg de TNT, "tandis que la femme devait mourir sur place".

Potentiel commanditaire

L'Allemagne n'a pas confirmé l'arrestation d'une de ses ressortissantes, un porte-parole de sa diplomatie indiquant seulement "avoir pris connaissance des articles parus dans la presse". Les autorités ukrainiennes n'ont pour l'heure pas réagi.

La chaîne publique de télévision Zvezda a diffusé une vidéo montrant l'arrestation des suspects et leur passage aux aveux, lors desquels les accusés semblent lire un texte en russe.

La femme indique être citoyenne allemande depuis 1995, être arrivée en Russie en 2022 et avoir été contactée par "une personne avec un fort accent ukrainien lui proposant un travail bien payé".

Des dizaines de citoyens russes arrêtés depuis 2022

La Russie a déjà accusé l'Ukraine de collaborer avec des islamistes pour perpétrer des attentats sur son territoire, sans apporter de preuves.

Après l'attentat contre la salle de spectacles Crocus City Hall en banlieue de Moscou en mars 2024 qui avait fait 150 morts, les autorités russes avaient assuré y voir la main de l'Ukraine. L'attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui n'a jamais fait mention d'une quelconque implication ukrainienne.

Les autorités russes ont arrêté et emprisonné des dizaines de citoyens russes depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en février 2022, accusés de tentatives de sabotage ou d'espionnage pour le compte de l'ennemi.

Des dizaines d'Occidentaux ont aussi été arrêtés en Russie, particulièrement depuis 2022, accusés eux d'espionnage, de critiques envers l'armée russe, de vols mineurs, de contrebande de cannabis ou de conflits familiaux.

Plusieurs ont depuis été libérés lors d'échanges de prisonniers. Les arrestations de citoyens occidentaux pour avoir perpétré ou préparé des attentats sont en revanche beaucoup plus rares.