Une humanitaire française est morte mercredi 11 mars à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo. Le parquet national antiterroriste annonce l'ouverture d'une enquête "de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre"

Une enquête "de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre" a été ouverte après la mort d'une humanitaire française mercredi 11 mars en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué à l'AFP ce vendredi le parquet national antiterroriste, compétent en la matière.

Éclairer les circonstances des faits

Les investigations, confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité de la gendarmerie nationale (OCLCH), devront éclaircir "les circonstances de commission des faits" et "tenir informés les proches de la victime", a précisé le parquet antiterroriste.

Mercredi à l'aube, une ressortissante française âgée de 54 ans, travaillant pour l'Unicef, est morte à Goma, ville située dans l'Est de la RDC, après "que la maison qu'elle occupait eut été atteinte par un engin explosif", relate le pôle de répression des crimes internationaux du parquet national antiterroriste (Pnat).

Les faits apparaissent "en lien avec une situation de conflit armé opposant les forces congolaises et le mouvement dit M23", poursuit le Pnat.

Cette employée humanitaire française de l'Unicef a été tuée par une frappe de drone non revendiquée à Goma, aux mains du groupe antigouvernemental M23 depuis janvier 2025, avait indiqué mercredi la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

L'Unicef bouleversée

L'Unicef s'est déclarée profondément bouleversée et indignée par la mort de Karine Buisset, "tuée lors d'une attaque de drone sur un bâtiment abritant des travailleurs humanitaires à Goma".

Le porte-parole du M23, qui s'est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes parties de l'est de la RDC, région riche en ressources et ravagée par 30 ans de conflits, a accusé l'armée de la RDC d'avoir mené cette attaque.

De son côté, le gouvernement de la RDC - plus représenté à Goma, sous contrôle du M23 - a assuré mercredi qu'il ne "saurait entreprendre une action qui contrarie les valeurs qu'il a toujours défendues", faisant part de sa "profonde tristesse" après la mort de Karine Buisset et rendant hommage au personnel humanitaire en RDC.

Kinshasa a annoncé une enquête sur "les circonstances" et "l'origine des explosions" pour faire "toute la lumière sur les faits", sans autre détail.

Une région sous tension

Selon plusieurs sources humanitaires à l'AFP, l’attaque s’est produite dans une zone où opèrent différentes milices armées, dont notamment le M23, très actif ces derniers mois dans l’est du pays. Ce dernier contrôle Goma depuis janvier 2025.

Les ONG présentes sur place rappellent que les travailleurs humanitaires bénéficient d’une protection particulière en droit international humanitaire. Les viser intentionnellement peut par conséquent constituer un crime de guerre.

L’est de la République démocratique du Congo est considéré comme l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec des millions de personnes déplacées par les violences armées.