Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 sont revenus auprès d'une télévision américaine sur l'expérience de leur rentrée atmosphérique lors de leur retour sur Terre. Un événement unique qui a fait partie des grands moments de leur mission.

Après avoir parcouru plus d'un million de kilomètres en un peu plus de neuf jours, les quatre astronautes de la mission Artémis 2 ont raconté à l'antenne d'ABC News jeudi 16 avril leur retour sur Terre et leurs sensations après un survol de la Lune historique. Partis le 1er avril, les trois Américains Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen ont amerri dans la nuit du 10 au 11 avril.

"Ce que les gens ne savent peut-être pas, c'est que l'entrée dans l'atmosphère terrestre est une expérience au moins dix fois plus folle que n'importe quel décollage de fusée", assure Christina Koch, qui a déjà participé à six vols spatiaux.

"C'est la partie la plus phénoménale, le bouquet final de n'importe quel vol spatial. Revenir sur une planète n'est pas une mince affaire. Ce n'est pas comme faire atterrir un avion", ajoute-t-elle.

"Quelque chose que vous ne pouvez pas imaginer"

Une vingtaine de minutes avant l'amerrissage de la capsule Orion, cette dernière a commencé à se frotter aux hautes couches de l'atmosphère. À plus de 36.000 km/h, le bouclier thermique de la capsule a été chauffé jusqu'à 2.760°C. Une bulle de plasma s'est alors créée autour d'Orion

De quoi offrir un spectacle unique pour ses astronautes. "Quand le plasma arrive, c'est quelque chose que vous ne pouvez pas imaginer", se remémore Christina Koch. "La boule de feu dans laquelle nous nous trouvions est devenue si brillante qu'on aurait dit un poste à souder à l'arc. On pouvait à peine la regarder."

Victor Glover décrit la sensation de chaleur comme "intense, au propre comme au figuré".

"Un grondement" à l'entrée atmosphérique

Néanmoins, la descente de la capsule sur Terre est aussi un moment crucial et délicat pour la mission. La création de la bulle de plasma coupe toute communication avec Houston pendant six minutes, et une nouvelle fois après leur passage derrière la Lune les astronautes sont donc livrés à eux-mêmes pendant cette période.

En traversant l'atmosphère, les astronautes ont notamment entendu un "grondement" mais ont gardé leur calme. Christina Koch se souvient que le commandant de la mission Reid Wiseman a rassuré le reste de l'équipage en déclarant que tout fonctionnait bien. "Je me suis dit: 'il n'a aucune idée si c'est vraiment normal, mais je suis contente qu'il ait dit ça, parce que je me sens mieux maintenant'", confie l'Américaine de 47 ans.

Quant au pilote de la mission, Victor Glover, il a été largement félicité par ses comparses pour son sang-froid lors de la rentrée atmosphérique. "Je tiens à vous dire que cet homme est un vrai professionnel", souligne Reid Wiseman sur ABC. "Il a su maintenir un rythme constant en matière d'altitude et de vitesse, sans jamais perdre le rythme. C'est l'expérience opérationnelle la plus impressionnante que j'ai vécue en le regardant effectuer sa rentrée."

"Bon retour sur Terre"

À 2h07 le 11 avril, heure de Paris, la capsule est finalement entrée en contact avec l'océan Pacifique près de San Diego en Californie sans encombre. Un moment très intense pour tout l'équipage.

"Je ne me souviens plus exactement. Je crois que j'ai dit 'bon retour sur Terre'. C'était un très bon moment", partage Victor Glover.

Quant à Jeremy Hansen, qui a participé avec Artemis 2 à son tout premier vol spatial, il avoue avoir ressenti une "immense sensation de gratitude envers la capsule" après leur mission qui a été un grand succès. "Elle a traversé beaucoup de choses et a gardé quatre humains en vie", raconte l'astronaute.

Le programme spatial Artémis devrait se poursuivre en 2027 avec le lancement de la mission Artémis 3 qui enverra quatre astronautes en orbite terrestre basse.