Avec l'achèvement d'Artémis 2 ce samedi 11 avril, la Nasa peut sereinement préparer le retour sur la surface lunaire d'astronautes américains en 2028 et songer à plus long terme à un voyage vers Mars.
"Ce n'est que le début", a promis Jared Isaacman, le patron de la Nasa à bord du navire de la Marine américaine ramenant les quatre astronautes de la mission Artémis après leur amerrissage ce samedi 11 avril. "Nous allons continuer à faire cela avec fréquence, jusqu'à ce qu'on atterrisse sur la Lune en 2028 pour y construire une base".
Grâce à ce vol, l'agence spatiale américaine a pu s'assurer que la nouvelle fusée lunaire SLS et son vaisseau Orion étaient prêts pour assurer un retour des Américains sur la surface lunaire où personne n'est retourné depuis plus de 50 ans.
Traversée en rebond, bouclier thermique et amerrissage : le délicat retour sur Terre des astronautes d'Artémis II 22:28
La Nasa prévoit un mission Artémis 3 pour 2027. Il faudra encore s'armer de patience car il s'agira encore d'un vol sans alunissage.
"Par prudence, il a été décidé d'envoyer d'abord des atterrisseurs lunaires en orbite terrestre pour les amarrer à une capsule Orion. Ce test reproduit la méthode d'Apollo 9 pour valider le matériel avant l'étape finale", explique Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’Espace à Toulouse à BFM.
"La Lune c'est 400.000 kms, Mars, c'est 400 millions"
L'étape finale doit se matérialiser avec la mission Artémis 4 planifiée en 2028, durant la dernière année de mandat de Donald Trump, et deux ans l'année que s'est fixée la Chine pour l'envoi de ses taïkonautes sur la Lune.
Des experts considèrent que le calendrier n'est pas fixé compte tenu de la complexité du développement des alunisseurs confiée aux entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos, SpaceX et Blue Origin.
En dépit de ces craintes, le président américain a réagi à l'amerrissage de la mission Artémis par un laconique "prochaine étape, Mars!" Or, ce défi semble encore hors de portée. "La Lune c'est 400.000 kms, Mars, c'est 400 millions. Ce sont des mois de voyage au lieu de quelques jours, c'est une autonomie et une fiabilité des équipements que l'on a pas, donc la Lune, c'est le terrain d'entraînement", ajoute Olivier Sanguy.
"Déjà retournons sur la Lune, faisons une base ce qui est déjà quelque chose d'énorme avec des missions régulières, c'est déjà extrêmement ambitieux", ajoute le spécialiste de l'astronautique.
Des coûts très importants
Mais ces ambitions spatiales se heurtent à la réalité financière. Un rapport de l'inspecteur général de la Nasa publié en 2023 avait pointé du doigt les choix erronés du programme Artemis pour la fusée SLS, ayant conduit à un retard de 6 ans et un surcoût de 6 milliards de dollars.
En mars dernier, la Nasa avait lancé un appel un don à destination des milliardaires pour compléter ses financements fédéraux, au même moment, le patron de l'agence avait annoncé l'abandon du projet Gateway de station orbitale autour de la Lune, jalon essentiel pour des voyages à destination de Mars.