Les quatre astronautes d'Artémis vont amerrir dans la nuit du 10 au 11 avril au large des côtes californiennes. Entre "trajectoire libre" et rentrée atmosphérique "en rebond", comment va concrètement se dérouler ce retour sur Terre?
L'équipage d'Artémis 2 a pris le chemin du retour pour la Terre mardi 7 avril. Le trajet de 400.000 kilomètres s'étend sur quatre jours, pour une arrivée prévue dans la nuit du 10 au 11 avril.
Ce retour se fait sur une trajectoire de "retour libre", en "utilisant la gravité de la Terre et de la Lune pour guider naturellement l’équipage", explique l’agence spatiale américaine (Nasa) sur son site. Le procédé permet donc de limiter les besoins de carburant et assure le bon retour du vaisseau en cas de panne moteur.
La trajectoire libre avait notamment permis au vaisseau d'Apollo 13 de rentrer sans encombre supplémentaire, après avoir été sévèrement endommagé au cours de la mission.
Le premier équipage à expérimenter le "rebond"
Pour ce qui est de la rentrée atmosphérique, celle-ci va se faire par "rebond", une première pour un vaisseau habité d'un équipage. Après avoir pénétré dans la haute atmosphère, la capsule rebondira pour retourner dans l'espace avant de replonger pour conclure sa descente.
"C'est un peu comme faire ricocher un caillou sur l'eau", décrit la Nasa.
L'avantage est double: le rebond permet une localisation plus précise du point d'atterrissage, mais réduit surtout les contraintes thermiques en les répartissant en deux phases.
La suite sera classique puisqu'une fois le vaisseau entré dans l'atmosphère, les onze parachutes vont se déployer et permettre l'amerrissage de l'engin au large des côtes californiennes.
Les membres de l'équipage seront héliportés jusqu'à un navire de la Marine où ils seront examinés médicalement avant de pouvoir rejoindre la terre ferme. Ils embarqueront enfin dans un avion à destination du centre spatial Johnson de la Nasa à Houston, où les attendront leurs proches.
Un nouvel alunissage prévu pour 2028
Un point de vigilance demeure puisque, lors de la mission Artémis 1, le bouclier thermique de la capsule Orion, qui ne transportait pas d'équipage, avait été altéré et en partie détaché durant la descente.
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Le bouclier n'a pas été remplacé entièrement entre les deux missions, car cela aurait nécessité la création d'une toute nouvelle capsule. Ainsi, la Nasa a choisi de redoubler de vigilance en choisissant un angle de rentrée atmosphérique moins violent que prévu.
Les prochaines étapes de cette reconquête de la Lune seront Artémis 3 et 4. La première, prévue pour 2027, est une mission de vérification des capacités techniques en basse orbite. Artémis 4 quant à elle a pour ambition de réaliser le premier alunissage d'un équipage depuis 1972, à l'horizon 2028.