Depuis fin mars, Manon Relandeau, une agricultrice de 31 ans, et Inaya, sa fille de 15 mois, ont disparu de Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique). Début avril, son conjoint a pris l’avion pour l’Algérie avec l’enfant. Si la trentenaire est introuvable, ses proches ne perdent pas espoir.

Si à ce stade, les enquêteurs privilégient « l’hypothèse d’un meurtre de la jeune femme » et de « l’enlèvement de l’enfant », la mère, le beau-père et la marraine de Manon Relandeau espèrent un autre scénario : « on pense encore davantage à une séquestration », ont-ils confié à nos confrères de Ouest-France.

« Il l’empêchait de parler à des hommes »

Décrite comme « douce, bienveillante envers les autres, toujours souriante et positive », Manon Relandeau a toujours été une « amoureuse des animaux » , mais surtout des chevaux, raconte sa mère. C’est après « un accident de voiture, sans gravité » que le projet d’ouvrir une exploitation a commencé à lui trotter dans la tête. « Elle s’est dit : on n’a qu’une vie et s’est lancée dans son projet de pension pour cheval », se souvient sa maman.

[REDIFF] Le tueur fou de l’Oise se cachait parmi les gendarmes Écouter

Alors en 2022, la jeune femme rachète la Ferme du Chêne Creux, une exploitation de 65 hectares, en bordure de marais, à Saint-Étienne-de-Montluc. Manon Relandeau monte une pension pour chevaux et élève aussi des vaches de race Nantaise, une espèce rustique délaissée par l’agriculture moderne qui a failli s’éteindre. « J’ai été fière de la voir devenir agricultrice. C’est un bout de femme qui en voulait », complète sa marraine.

À la même période, Manon Relandeau se sépare de son conjoint avec qui elle était depuis dix ans et rencontre Karim. « Elle est tombée follement amoureuse de lui », se souvient sa marraine. Et quelques années plus tard, le couple accueille Inaya, leur petite fille, le « petit bonheur » de Manon. « Elle est tellement belle en maman », selon sa mère. Mais au fil des mois, la relation entre les deux parents se dégrade.

« Elle a pris conscience que son couple ne fonctionnait pas normalement », explique sa marraine, évoquant les crises de jalousie de Karim. « Il l’empêchait de parler à des hommes, la coupait de sa famille », poursuit-elle. Mais Manon les rassure et leur demande de la laisser gérer ça. La vie suit alors son cours.

« On ne pensait pas vivre ça un jour »

La dernière fois qu’ils ont vu la jeune agricultrice de 31 ans, « c’était le week-end du 21 mars, pour mon anniversaire », explique son beau-père. Ce jour-là, Manon « était rayonnante, tellement heureuse », selon sa mère. La suite, c’est un appel d’une jeune femme, membre de la pension équestre tenue par Manon Relandeau. « Elle était inquiète. Elle n’avait pas vu Manon depuis une semaine et avait fait un signalement à la gendarmerie de Sautron », explique la mère de l’agricultrice.

Immédiatement, ils se rendent au domicile de Manon Relandeau, un pavillon situé à Saint-Étienne-de-Montluc, où elle s’est installée en janvier dernier avec son compagnon. Mais à l’intérieur, « il n’y avait plus ses affaires », souffle sa mère.

Pourtant, ses proches ne perdent pas espoir de la retrouver vivante. « Plus les jours passent, plus je me dis qu’elle sera anéantie psychologiquement. Mais on va l’aider dans cette épreuve. Il faut qu’on garde espoir, elle sera fière de nous », poursuit la mère de la jeune femme. « On a l’impression d’être dans un film. On ne pensait pas vivre ça un jour », ajoute son beau-père.