À l’inverse des territoires Paris Terres d’Envol et Est Ensemble, qui ont réélu samedi 11 et mardi 14 avril leurs anciens présidents Bruno Beschizza (LR) et Patrice Bessac (PCF) lors de leurs conseils d’installation, un vent nouveau souffle sur l’Établissement public territorial (EPT) Grand Paris Grand Est*.
Mardi soir, le maire de Neuilly-sur-Marne Zartoshte Bakhtiari (DVD) a été élu à la tête de cette structure intercommunale qui réunit 14 villes de Seine-Saint-Denis, dont Noisy-le-Grand et Rosny-sous-Bois. Lors des dernières élections municipales, huit premiers édiles de ce territoire ont conservé leur mandat.
Le 15 mars, sur sa commune, Zartoshte Bakhtiari a été réélu dès le premier tour avec 76,28 % des voix, soit le meilleur score du département derrière Ludovic Toro (SE) à Coubron… qui était l’unique candidat sur sa ville. Le maire de Neuilly-sur-Marne succède ainsi à Xavier Lemoine, le premier magistrat (DVD) de Montfermeil, qui a dirigé l’EPT lors du précédent mandat.
Un désaveu pour Xavier Lemoine
Selon plusieurs sources, ce dernier - que nous n’avons pas réussi à joindre- a présenté sa candidature avant le conseil d’installation durant un bureau réunissant les 14 maires. « Il n’a obtenu qu’une seule voix lors de cette réunion. Cela signifie que même Olivier Klein (le maire DVG de Clichy-sous-Bois, une ville voisine de Montfermeil qui a été durant 18 ans au sein de la même communauté d’agglomération), n’a pas voté pour lui, relate un élu. Ça montre le degré d’insatisfaction que procurait sa gestion de l’EPT. Il nous prenait pour ses adjoints et non pas pour ses collègues maires. »
La figure de Zartoshte Bakhtiari, 36 ans, paraît peut-être aussi plus consensuelle. Xavier Lemoine avait en effet fait parler de lui ces dernières années pour ses prises de position clivantes sur la vaccination contre la Covid-19 ou l’éducation à la vie affective et relationnelle à l’école.
Magalie Thibault, la nouvelle maire socialiste de Rosny-sous-Bois, a ainsi soutenu la candidature de Zartoshte Bakhtiari. « On a eu un échange pour se mettre d’accord sur une vision globale du territoire : celle d’une gouvernance partagée, d’un EPT doté d’un nouveau président qui sera à l’écoute des maires, quelle que soit leur diversité politique », souligne-t-elle.
L’attractivité économique au cœur des enjeux
« Je veux que le territoire soit le territoire des villes, qu’on aide chaque municipalité à réaliser son programme », abonde Zartoshte Bakhtiari. « L’EPT a été vécu comme un regroupement forcé depuis 2016, poursuit-il. Il a été un peu subi. Mon premier enjeu, c’est donc de montrer sa force et son utilité sur des sujets comme les mobilités, le prolongement de la ligne 11 par exemple. À 14, on est plus fort que tous seuls dans son coin. »
L’élu veut aussi travailler sur l’attractivité économique de Grand Paris Grand Est. « C’est un enjeu très important, estime-t-il. Il y a une attractivité déclinante au nord du département. J’échange avec des entreprises qui veulent quitter ce secteur de la Seine-Saint-Denis. Je veux leur montrer que chez nous, nous avons un cadre de vie extraordinaire. Nous sommes sur un territoire vert, bordé par la Marne et doté de villes motrices : Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Grand, mais aussi le secteur de Val-de-Fontenay chez nos voisins du Val-de-Marne. »
« L’idée est qu’on puisse avancer et bâtir des projets nous a manqué durant le dernier mandat », analyse Philippe Dallier, le maire (LR) des Pavillons-sous-Bois, également satisfait de l’élection de son collègue. « Zartoshte Bakhtiari a proposé un pacte qui me convient : celui de travailler avec les maires et les communes », commente Pierre-Yves Martin, le maire (DVD) de Livry-Gargan qui avait également proposé sa candidature en bureau.