Sur TMC, l'ancienne présentatrice météo d'Antenne 2 revient sur les coulisses de cet épisode, qui la hante encore 40 ans après, et se dit "profondément désolée". Elle ajoute toutefois réfuter "totalement" le complot ou le mensonge d'État et parle d'une faute personnelle.
C'est une fable qui dure, celle d'un nuage radioactif qui se serait arrêté aux frontières de la France. Quarante ans après l'explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl, qui a provoqué la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire, dans la nuit du 26 avril 1986, le bulletin météo à l'origine de cette rumeur tenace, parfois considéré comme la preuve d'un mensonge d'État, reste ancré dans de nombreuses mémoires.
Le 30 avril, la présentatrice d'Antenne 2 déclare alors ceci: "En France, l'anticyclone des Açores s'est développé. La météo affirme qu'il restera jusqu'à vendredi prochain, suffisamment puissant pour offrir une véritable barrière de protection: il bloque en effet toutes les perturbations venant de l'Est", ajoutant: "Mais attention, ces prévisions sont établies pour trois jours, reste à savoir combien de temps il faudra encore pour éteindre l'incendie". Le pouvoir de barrière de cet anticyclone est même alors illustré par un panneau "stop" sur la carte.
Brigitte Simonetta est revenue sur cet épisode dans le documentaire "Les mensonges de Tchernobyl", diffusé sur TMC ce jeudi 17 avril. "Je culpabilise encore, encore aujourd'hui 40 ans après sur cette erreur, sur cette faute, c'était une faute", affirme-t-elle. Elle tient à présenter ses excuses.
"J'ai honte de le dire"
Auprès de nos confrères de TMC, Brigitte Simonetta évoque "un épisode qui est toujours difficile pour (elle)". "C'est vraiment un épisode douloureux, la plaie est ouverte, je pense qu'elle ne se refermera jamais, ça fait partie de ma vie, Tchernobyl a été une fêlure", explique l'ancienne présentatrice, ajoutant: "Ça a été un drame pour beaucoup de gens, donc pour moi vraiment c'est une petite fêlure mais qui a fait que j'ai décidé de quitter la télévision".
"Personne ne m'a demandé de la quitter, je me suis punie moi-même", assure-t-elle.
Brigitte Simonetta revient également sur les coulisses de ce bulletin météo. Elle explique que, comme chaque jour, elle est allée chez Météo-France, "dans la salle des prévisionnistes", puis qu'elle a jugé bénéfique d'utiliser le service de graphisme permettant d'animer les cartes météo, un outil nouveau à l'époque chez Antenne 2.
"J'ai eu l'idée malheureuse de mettre un stop, je suis repartie très satisfaite de moi, j'ai honte de le dire", confie l'ancienne présentatrice, estimant aujourd'hui qu'elle aurait au moins dû mettre un point d'interrogation à côté de ce panneau.
Des rumeurs de complot
Brigitte Simonetta "assume totalement (son) erreur". Pour autant, elle "réfute totalement le complot". "Je ne complotais pas avec le gouvernement, je ne les connaissais pas", martèle-t-elle. Les larmes aux yeux, elle présente ses excuses et se dit "profondément désolée".
"Je ne pensais pas que ça serait reçu comme une certitude et du coup comme un complot", jure-t-elle.
En effet, pour de nombreux Français, ce panneau stop illustre le mensonge d'État autour des risques de retombées radioactives sur le territoire. Certains affirment même que Météo-France a déplacé l'anticyclone des Açores sur ses prévisions. Pourtant, comme le rappelle TMC, dès le lendemain du bulletin météo présenté par Brigitte Simonetta, Antenne 2 mentionne bien le nuage radioactif qui a désormais atteint la France.
La catastrophe de Tchernobyl a fait au moins des centaines de morts et une grande partie de l'Europe occidentale a subi des retombées radioactives. À la suite de l'explosion, le panache a libéré dans l'atmosphère l’équivalent de 12 milliards de milliards de becquerels, ce qui correspond, selon l'ASNR (Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection), à 30.000 fois l’ensemble des rejets radioactifs émis par les installations nucléaires en exploitation dans le monde en 1986. Les autorités soviétiques ont alors tout fait pour minimiser les conséquences de la catastrophe.