Un nouveau rapport de l'Institut Ifremer, publié ce mardi 3 mars 2026, a révélé que la biomasse de poissons pourrait être réduite d'un quart dans les eaux françaises d'ici à la fin du siècle sous l'effet du réchauffement climatique.
Un nouveau rapport de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) a été publié ce mardi 3 mars 2026, faisant la synthèse de l'impact du changement climatique sur les ressources halieutiques.
Ce rapport souligne notamment que la baisse estimée de la biomasse au niveau mondial à l'horizon 2100 est comprise entre 10% et 30%, d'après les scénarios climatiques.
En France, le changement climatique devrait provoquer des pertes moyennes de biomasse estimées entre 5 à 8% au milieu du siècle et jusqu’à -23% à la fin du siècle pour un réchauffement à 4°C, selon l'Ifremer.
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Parmi les répercussions: le dysfonctionnement des écosystèmes marins
Engendré par les émissions massives de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique s'accompagne d'une acidification et d'une désoxygénation des océans, des phénomènes qui perturbent le fonctionnement des écosystèmes marins, en diminuant la production de plancton (à la base de la chaîne alimentaire) mais aussi en altérant la physiologie, la croissance et la reproduction des poissons et en provoquant des migrations de certaines espèces vers le Nord, à la recherche d'eaux plus froides.
Face à ce constat, les chercheurs préconisent de revoir les objectifs de gestion des pêcheries, qui reposent actuellement sur le rendement maximum durable (RMD), un indicateur correspondant au niveau maximal de captures d'une population de poissons, sans compromettre sa capacité à se renouveler.
Face au constat alarmant: "il faut pêcher moins"
Le RMD, qui a permis, par le passé, de reconstituer plusieurs populations surexploitées, présente cependant l'inconvénient de mesurer l’impact de la pression de pêche dans des conditions relativement stables.
Or "le milieu (océanique) est à la fois plus variable et globalement moins sain et donc moins productif et moins nourricier" qu'auparavant, a souligné à l'AFP Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer. "Comme le risque et l'incertitude augmentent, il faut être un peu plus précautionneux et disposer d'une marge de manœuvre un peu plus grande", a-t-elle ajouté.
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Les chercheurs préconisent ainsi de considérer le RMD actuel comme une limite plutôt que comme une cible et de viser des niveaux d’exploitation "un peu plus faibles", c'est-à-dire de pêcher moins. "S'il n'y a pas de changement, on va aller vers une situation qui va continuer à se dégrader à cause des conditions environnementales qui changent", a estimé Clara Ulrich. Les débarquements de poissons en France hexagonale ont atteint 306.000 tonnes en 2024, contre près de 500.000 tonnes au début des années 2000.