Alors que Tesla vient d'arrêter officiellement la commercialisation de sa mythique Model S, le constructeur chinois Xpeng dégaine sa P7+. Avec une technologie de pointe, un confort royal et un prix ultra-compétitif, cette grande berline électrique et bourrée de nouvelles technologies entend bien bousculer les références allemandes et américaines.

C'est un tournant symbolique pour le marché de l'électrique. Après quatorze ans de carrière, la Tesla Model S tire sa révérence, laissant un vide sur le segment des grandes berlines électriques.

Une opportunité que Xpeng ne compte pas laisser passer. Avec 5,07 mètres de long, sa nouvelle P7+ s'attaque frontalement aux Audi A6 e-tron, BMW i5 et autres Mercedes EQE. Nous avons pris le volant de la version "RWD Long Range" (traduction: propulsion longue autonomie) de 313 chevaux pour vérifier si la relève est bien assurée.

La Xpeng P7+, une grande berline 100% électrique. © Jérémy Fdida

Un salon roulant ultra-technologique

Dès l'ouverture de la porte, le bond en avant en matière de qualité perçue est flagrant. Les matériaux sont variés et les finitions soignées, rivalisant sans complexe avec les standards européens. L'équipement de série est pléthorique: les sièges sont chauffants, ventilés et massants, non seulement à l'avant mais aussi à l'arrière. Un niveau de confort rare à ce niveau de prix, avec un espace à l'arrière giganteque tout comme le coffre de 573 litres. Surprenant toutefois: aucune plage arrière n'est prévue même en accessoire, laissant visible ce qu'il y a dedans.

La Xpeng P7+ affiche 313 chevaux de puissance en version RWD Long Range. © Jérémy Fdida

La planche de bord s'articule autour d'un grand écran tactile de 15,6 pouces, secondé par un écran d'instrumentation face au conducteur derrière le volant, un vrai plus par rapport aux Tesla Model 3 et Model Y qui ne proposent que l'écran tactile. Les smartphones sont aussi bien reçus que les passagers dans cette P7+ avec deux supports de recharge à induction avec 50W de puissance et ventilés pour éviter toute surchauffe.

L'intérieur de la Xpeng P7+. © Jérémy Fdida

Mais la véritable innovation vient de l'affichage tête haute augmenté. C'est une première mondiale: lors des manœuvres, il projette directement l'image de la caméra de recul dans votre champ de vision en complétant les informations projetées dans le pare-brise. Plus besoin de détourner le regard vers la console centrale: la sécurité et l'ergonomie y gagnent énormément, sachant qu'on peut aussi avoir les images des angles morts lors de l'activation des clignotants.

Un logiciel au service de l'utilisateur

Xpeng a particulièrement soigné son interface. Le système d'exploitation, soutenu par une puissance de calcul colossale d'une puce développée en interne par ce constructeur, se montre d'une fluidité exemplaire. Il est compatible Android Auto et Apple CarPlay sans fil et permet une personnalisation poussée, comme le partage d'écran entre deux applications. Autre nouveauté attendue: l'arrivée d'un véritable mode "One Pedal" pour une conduite urbaine simplifiée et qui se montre très bien calibré lors de notre essai.

La Xpeng P7+ lancée en 2026 en Europe. © Jérémy Fdida

L'ergonomie physique se veut intuitive comme sur un smartphone. Un simple balayage vers le bas sur l'écran permet d'accéder aux commandes principales, tandis qu'un appui prolongé sur la barre inférieure permet de configurer ses raccourcis préférés. Pour le reste, la commande vocale "Hey Xpeng" se montre d'une réactivité redoutable pour piloter l'infodivertissement ou changer de mode de conduite, mais reste encore à améliorer sur d'autres demandes, ce qui ressort de nos multiples essais d'assistants pas encore vraiment très futés.

Performances et recharge: les points forts de Xpeng

Sur la route, la P7+ se décline en trois motorisations allant de 245 à 503 chevaux. Notre version d'essai de 313 chevaux, dotée d'une batterie de 75 kWh, offre un compromis idéal avec environ 530 km d'autonomie.

Côté recharge, l'architecture 800V fait la différence: passer de 10 à 80% ne prend que 20 minutes sur une borne ultra-rapide avec 446 kW de puissance annoncée par Xpeng. Sur une borne Fastned, nous sommes arrivés avec 37% de batterie et 179 km arrivés au compteur: en seulement 15 minutes, le véhicule affichait 95% et 464 km d'autonomie avec un pic à 350 kW.

La puissance de recharge DC de la Xpeng P7+ peut grimper à 446 kW. © Jérémy Fdida

Le système de conduite assistée Xpilot 2.5 confirme que de la marque reste en pointe dans ce domaine. L'activation se fait d'un double-clic sur le commodo droit (la même manipulation que sur les Tesla), la vitesse se règle via la molette de gauche sur le volant et la distance de sécurité se gère avec les flèches directionnelles. L'ensemble est d'une grande fluidité, sans réactions brusques. Toutefois, nous avons noté quelques réactions surprenantes de l'alerte de franchissement de ligne, défauts qui devraient être corrigés avant la commercialisation des premiers exemplaires en Europe ces prochaines semaines.

Un positionnement tarifaire agressif

Le plus grand atout de cette Xpeng P7+ pourrait bien être son prix. La gamme débute à 45.990 euros pour la version Standard (455 km, 245 chevaux) et culmine à 53.990 euros pour la version AWD Performance (500 km, 503 chevaux).

Notre modèle d'essai en "Long Range", affiché à 49.990 euros, propose un rapport prix/équipement imbattable face à une concurrence allemande souvent facturée 15.000 ou 20.000 euros plus cher à dotation équivalente. La succession de la Model S semble être entre de bonnes mains.