Le BMW iX3 fait figure de manifeste de la "Neue Klasse", la nouvelle génération de véhicules de la marque allemande. Avec 805 km d'autonomie WLTP, une recharge record à 400 kW et un habitacle révolutionnaire, le SUV repousse les frontières de l'électrique.

C'est bien plus qu'un simple lancement commercial: c'est le premier acte de ce que BMW présente comme une révolution industrielle. Avec son nouveau iX3, le constructeur bavarois inaugure l'ère de la "Neue Klasse". Un pari à plusieurs milliards d'euros pour le constructeur munichois, qui prévoit de lancer pas moins de 40 nouveautés, ce qui comprend de nouveaux modèles mais aussi des restylages, sur les 18 prochains mois. Pionnier de cette offensive éclair, le iX3 veut prouver que le premium allemand peut reprendre le leadership technologique, en particulier face aux géants asiatiques et un certain Tesla.

Un design sculpté par l'efficience

Oubliez les lignes massives et les calandres verticales du X3 thermique actuel. Pour ce iX3, BMW a fait table rase. Comparativement au X3 de dernière génération (code G45), que nous avions testé l'an dernier en version hybride rechargeable, le iX3 (code NA5) s'allonge de 27 mm pour aboutir à une longueur de 4,78 m, mais il s'abaisse surtout de 25 mm, à 1,63 m. Ce profil plus élancé permet en effet d'optimiser son aérodynamisme.

Tout a été pensé pour fendre l'air: les poignées de portes sont désormais rétractables et affleurantes (avec un système en partie mécanique qui le rendrait compatible avec la future norme chinoise), et les lèche-vitres sont devenus invisibles. Résultat: un coefficient de traînée ou Cx, indice de référence pour mesurer l'aérodynamisme d'un véhicule, de seulement 0,24, un chiffre record pour la catégorie. Sur notre modèle d'essai, habillé d'une teinte grise "Spacesilber métallisé", on retrouve les jantes de 20 pouces aérodynamiques (style 1047 M) qui participent à cette efficacité. On gagne aussi en aspect pratique avec l'arrivée d'un "frunk", un coffre avant étanche de 58 litres, idéal pour les câbles, qui complète un coffre arrière de 520 litres.

Le nouveau BMW iX3 affiche jusqu'à plus de 800 km d'autonomie WLTP. © MM

À l'intérieur, le numérique passe en mode panoramique

Si l'extérieur évolue, l'habitacle, lui, bascule dans une autre dimension. La pièce maîtresse est le BMW Panoramic Vision: une projection en 4K sur toute la largeur du bas du pare-brise, soit près de 110 cm de pixels. L'idée est simple: supprimer les compteurs classiques (ou même sous forme d'écran) pour projeter l'information là où l'œil regarde. Un système qui se montre vraiment séduisant à l'usage, parfaitement lisible même en plein soleil et avec cette partie personnalisable sur les deux tiers de l'affichage hors écran dédié aux compteurs.

L'écran tactile est complété par un écran panoramique en partie basse du pare-brise. © MM

Cette interface est entièrement personnalisable via le nouvel écran central et tactile de 17,9 pouces. L'ambiance de notre modèle, avec son intérieur bicolore aux notes orangées "Contemporary bicolore Castanea", est très chaleureuse et épurée. Le toit panoramique (non-ouvrant) avec un traitement spécifique pour le confort thermique apporte aussi une luminosité agréable dans l'habitacle.

Dans cet environnement totalement revu, on note la disparition de la célèbre molette iDrive. Tout se gère désormais via le toucher sur l'écran et quelques raccourcis en bout de console centrale, la voix ou des commandes "shy tech". Une technologie "cachée" que BMW applique de manière plutôt pertinente sur le volant avec des touches qui ne s'illuminent que lorsque la fonction peut être utilisée. Sur autoroute par exemple, la touche pour activer le stationnement automatique disparaît pour ne laisser que les fonctions liées à l'activation de la conduite assistée.

Et c'est une fois ce bouton enclenché que les "+" et "-" pour ajuster la vitesse désirée s'illuminent. On craignait aussi le retour de touches tactiles, que vient d'abandonner Volkswagen après des années de retour négatifs des utilisateurs, mais on a bien une sensation de clic perceptible. Un volant M Sport inclus avec le pack du même nom qui bouleverse donc plus par son look très original avec cette "barre centrale" qui a au moins le mérite de rappeler qu'il n'y a pas d'écran des compteurs à essayer de placer de manière optimisée pour le regard.

Le volant "shy tech" du BMW iX3. © MM

Seul regret en termes d'ergonomie, des commandes de climatisation qui obligent assez souvent à repasser par l'écran tactile (surtout avec un assistant vocal qui ne comprend pas encore vraiment tout ce qu'on lui dit). On ne peut pas orienter les buses de ventilation manuellement, ce qui reste le plus pratique, comme c'est le cas à l'arrière du BMW iX3. Un deuxième rang qui permet d'ailleurs de profiter d'un espace assez important et d'une assise qui garantit des voyages dans le plus grand confort.

Sur la route: la synthèse entre confort et puissance

Dès les premiers kilomètres, le iX3 surprend par sa douceur. On est loin de la fermeté parfois cassante des SUV électriques actuels. La suspension offre un confort souverain, lissant les aspérités avec une souplesse feutrée qui invite aux longs voyages. Pas de système piloté, on reste sur une suspension simple avec des butées hydrauliques pour améliorer le comportement.

Le BMW iX3 affiche un bon équilibre ente confort et dynamisme. © MM

Mais l'ADN BMW est bien là. Avec 469 chevaux (345 kW) et quatre roues motrices, le 0 à 100 km/h est expédié en 4,9 secondes. Malgré ses 2.360 kg, le véhicule fait preuve d'une agilité étonnante en courbe grâce à une gestion électronique ultra-rapide.

L'autre révolution concerne le "Highway Assistant" (en option aussi), qui permet désormais de rouler sans les mains sur autoroute jusqu'à 130 km/h, mais en surveillant la route, soit du "eyes on, hands off" qui existe déjà chez Ford notamment. Un système déjà disponible en France, mais pas encore en Espagne où se déroulait notre essai). Le système se montre d'une intelligence rare: il suit votre regard pour valider vos intentions. Il suffit de fixer le rétroviseur extérieur pour que le véhicule déclenche seul une manœuvre de dépassement après avoir vérifié la sécurité de l'opération. Mais sur notre essai, le duo régulateur adaptatif et suivi des lignes se montrait déjà d'une très grande efficacité avec parmi les meilleurs comportements actuellement sur le marché.

Consommations et autonomie réelle: le verdict

C'est sur le terrain de l'efficience que BMW frappe le plus fort. Équipé d'une batterie de 113 kWh (108,7 kWh nets), le iX3 affiche une autonomie WLTP pouvant atteindre 805 km. Un détail intéressant à noter sur le configurateur: la sélection des options influe directement sur l'autonomie homologuée. Sur notre configuration très équipée, le rayon d'action passait ainsi de 802 à 798 km lorsqu'on ajoute une option et donc du poids en plus. Une variation symbolique, mais qui montre que ce cycle WLTP prend bien désormais en compte chaque gramme et chaque artifice aérodynamique ajouté.

Le nouveau BMX iX3. © MM

Nos tests en conditions réelles sur ces essais, avec une fois n'est pas coutume de longues sessions de roulage sur autoroute (limitée à 120 en Espagne), confirment cette sobriété. Le premier jour, avec une conduite sur voie rapide et routes de montagne, nous avons relevé 22 kWh aux 100 km, soit une autonomie réelle qui retombe à 490 km. Le deuxième jour, avec davantage de conduite à vitesse stabilisée sur autoroute, la consommation est retombée à 20 kWh aux 100 km, soit un rayon d'action de 540 km.

En cas d'arrêt, l'architecture 800 Volts permet une recharge ultra-rapide à 400 kW. En seulement 10 minutes, le véhicule récupère 350 km de portée, soit le temps d'une courte pause café. Lors de notre test, la borne Ionity n'était pas en grande forme avec sa voisine HS lors de notre arrivée sur place, mais nous avons tout de même pu passer de 40% à 80% en à peine 15 minutes avec un pic à "seulement" 179 kW.

Face à une concurrence sous pression

Affiché à partir de 71.950 euros, le BMW iX3 50 xDrive se place frontalement face à différents modèles, comme l'Audi Q6 e-tron, qui s'affiche à un tarif quasi identique de 72.170 euros, mais avec une autonomie nettement inférieure (641 km) et une puissance de charge limitée à 270 kW. Le Porsche Macan électrique, bien que plus sportif, réclame un ticket d'entrée beaucoup plus élevé, débutant à plus de 86.800 euros pour un rayon d'action qui dépasse à peine les 610 km.

Face au Tesla Model Y, référence absolue du segment, BMW reprend un certain avantage technologique. La marque américaine reste imbattable sur le rapport prix/équipements avec une version "Grande Autonomie, transmission intégrale" aux alentours de 53.000 euros, mais affiche seulement 600 km d'autonomie et une puissance de charge inférieure. Enfin, du côté des marques chinoises, un Xpeng G6 est proposé à partir de 51.000 euros en version transmission intégrale Performance (510 km WLTP et 485 chevaux), un BYD Sealion 7 en finition haut de gamme "Excellence AWD" (502 km WLTP et 530 chevaux) à 56.500 euros prix catalogue.

Surtout que chez BMW, la facture peut vite s'alourdir avec le jeu des options. Notre modèle d'essai, doté notamment de la Finition M Sport, du toit panoramique, du pack éclairage Iconic Glow, s'affichait au final à 88.560 euros. Ce pionnier de la "Neue Klasse" n'en reste pas moins une réussite: il parvient à concilier l'héritage de la marque bavaroise avec les exigences d'un monde 100% numérique. Pour les budgets plus serrés, une version iX3 40 arrivera fin 2026 aux alentours de 60.000 euros, une version propulsion avec un peu moins d'autonomie.