Un quart des automobilistes ayant un contrat de location avec option d'achat (LOA) ou une location longue durée (LLD) ont subi des frais de restitution contestés, pour 1.200 euros en moyenne, note une enquête de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Le leasing social, qui cible des ménages modestes, est également pointé du doigt.

C'est devenu le principal mode d'achat d'une voiture neuve: le leasing. L'association de consommateurs UFC-Que Choisir alerte toutefois sur le caractère "piégeux" de certains contrats de location longue durée d'automobile, une pratique en pleine expansion en France, et demande aux pouvoirs publics d'agir.

"Frais de restitution contestés" pour un locataire sur quatre

En 2024, 66% des véhicules particuliers neufs immatriculés au nom de personnes physiques ont été financés via un "leasing", c'est à dire une location avec option d'achat (LOA) ou une location longue durée (LLD), selon l'association.

D'après le communiqué de l'UFC-Que Choisir, qui a mené une enquête auprès de 1.285 consommateurs et étudié près de 1.000 témoignages de litiges, "un quart des locataires ont subi des frais de restitution contestés, pour 1.200 euros en moyenne; certains contrats prévoient explicitement que les loyers continuent de courir même quand le véhicule est immobilisé en cas de panne et dès qu'un accident de la vie survient, perte d'emploi, séparation, maladie, décès, sortir du contrat relève du parcours du combattant".

Les héritiers d'un locataire décédé peuvent aussi "se retrouver contraints de choisir entre poursuivre les paiements, racheter le véhicule ou affronter une procédure de recouvrement, sans information claire sur leurs droits", ajoute l'association.

Un encadrement à venir pour la LOA mais pas la LLD

La nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, dont la transposition entre en vigueur en novembre 2026, va renforcer l'encadrement de la LOA.

"Mais la LLD, elle, reste hors du champ du crédit à la consommation, sans socle de protection équivalent", souligne l'association.

"Or, ce sont précisément les volumes de LLD qui ont bondi de 67% en un an", et "certains professionnels orientent délibérément leurs clients vers ce produit parce qu'il est moins contraignant pour eux", assure-t-elle.

Face à ces constats, l'association de défense des consommateurs demande aux pouvoirs publics de "créer un droit à la résiliation sans frais en cas d'accident de la vie" (décès, invalidité, perte d'emploi, force majeure) pour tous les contrats de leasing, LOA comme LLD, et d'imposer une information pré-contractuelle "standardisée" incluant "le coût total du contrat, les frais possibles à la restitution et le coût réel d'une sortie anticipée, avant toute signature".

L'association préconise également "d'interdire les clauses qui transfèrent sur le locataire les risques de panne et de vice du véhicule", notamment celles qui maintiennent les loyers en cas d'immobilisation prolongée, et d'"étendre à la LLD les protections du crédit à la consommation": droit de rétractation, évaluation minimale de solvabilité, encadrement de la publicité et information normalisée sur les coûts.

Le leasing social également dans le viseur

Mis en place depuis 2024, le leasing social consiste aussi à louer une voiture électrique neuve, mais avec une aide publique qui permet d'avoir des loyers bien plus abordables autour de 100 euros par mois (hors assurance). Toutefois, le dispositif, qui a connu un succès bien moins important pour sa deuxième édition, est également pointé du doigt par l'association.

BFM éco : Automobile, le vrai coût du "leasing social" - 22/09 1:59

Le leasing social "vise des ménages modestes, mais repose sur des contrats de LOA/LLD qui restent exigeants. Le dispositif prévoit certains garde-fous (notamment une durée minimale de 3 ans, un kilométrage annuel minimum et, dans certains cas, des possibilités de résiliation sans frais), mais les ménages en situation fragile peuvent rester exposés à des coûts importants (restitution, dépassement kilométrique, assurance, entretien, incidents de paiement)", souligne l'étude de l'UFC Que Choisir.

Un dispositif pourtant cité en exemple par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, comme une solution "concrète, efficace et plébiscitée par les Français. Pour le pouvoir d’achat, pour la transition énergétique, pour que chacun puisse accéder à des véhicules respectueux de l’environnement", lors d'une interview sur Franceinfo ce jeudi 2 avril.

La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait indiqué avoir demandé à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés, en suggérant notamment de les financer par les éventuels "surplus" de recettes fiscales sur les carburants.