Elle a bercé les années 90, elle revient électriser 2026. Avec sa tête de grenouille iconique et son format de poche, la nouvelle Renault Twingo ne se contente pas de jouer la carte de la nostalgie. Elle arrive sur un marché en pleine mutation avec un argument massue: un prix net sous les 16.000 euros pour 260 km d'autonomie

Trente-trois ans après la sortie de la toute première génération, Renault ressuscite son modèle le plus attachant pour convaincre de passer à l'électrique: une nouvelle Twingo qui adopte en effet la forme de la "tête de grenouille" lancée en 1993, avant deux générations moins marquantes qui lui ont succédé en 2007 puis en 2014.

Une fibre nostalgique pleinement exploitée après les lancements des dernières R5 et R4, elles aussi uniquement disponibles en électrique. Dans un contexte où le zéro émission doit devenir abordable pour convaincre, cette Twingo "quatrième du nom" porte sur ses petites épaules une mission immense: démocratiser la mobilité zéro émission sans sacrifier le plaisir de s'installer à son bord ni la technologie.

La "voiture à vivre" la transition électrique

Cette nouvelle Twingo cherche ainsi à renouer avec l'esprit "voiture à vivre" qui a fait le succès du modèle original. Une Twingo première du nom qui a marqué les années 90 et 2000 et qu'on retrouve encore beaucoup dans la circulation du quotidien.

La Renault Twingo 4 reprend le look de la première du nom. © EM

Dans son design, Renault a réussi à capturer l'essence de la première génération de 1993 sans tomber dans le pastiche grossier. On retrouve notamment les optiques rondes, la silhouette monocorps et ces fameuses ouïes sur le capot, mais plus question d'aérateurs, elles servent désormais d'accès malin au liquide lave-glace.

La Renault Twingo reste compacte à 3,79 mètres de long. © EM

Côté gabarit, la Twingo grandit: avec 3,79 mètres, elle prend 17 cm par rapport à la troisième génération et surtout 36 cm de plus que la puce originelle de 1993. C’est le prix à payer pour une polyvalence accrue, mais elle gagne deux portes arrière au passage. Tout en restant la reine de l'agilité en ville et du stationnement avec un rayon de braquage de 9,87 mètres. Si notre modèle d'essai en finition Techno en jette avec ses jantes 18 pouces, attention toutefois à la fermeté sur les pavés citadins et à voir s'il ne faudrait pas plutôt opter pour les 16 pouces de série.

Vie à bord: la modernité accessible

Côté modularité, le "Twist" est préservé: la banquette arrière coulisse sur 17 cm, permettant de faire varier le coffre de 260 à 360 litres. On ne retrouve pas en revanche le "mode couchette", avec des sièges qui pouvaient s'incliner à l'horizontale: on se console avec le siège passager avant qu'on peut basculer vers l'avant et ainsi loger un objet de 2 mètres, planche de surf ou des longues planches de meubles en kit par exemple.

La nouvelle Renault Twingo propose un combiné d'écrans de série. © EM

Mais l'intérieur nous a surtout séduit par son bon niveau en termes d'équipements. Là où une Citroën C3 ou les modèles de Dacia font le choix d'un simple support pour smartphone sur les versions de base, Renault propose de série le combiné d'écrans, 7 pouces pour les compteurs et 10,1 pouces pour l'écran tactile. Et un écran de bien meilleure qualité que celui qu'on retrouve dans la C3 "haut de gamme".

Un intérieur qui reste assez sombre mais profite de la couleur carrosserie visible au niveau des portières. Et comme le "jaune mango" est proposé de série, pas besoin de rajouter une option pour égayer l'habitacle.

Au volant, la révolution de la batterie LFP

Sous le capot, Renault inaugure une batterie LFP (Lithium Fer Phosphate) de 27,2 kWh, une chimie qui permet d'économiser près de 20% du coût par rapport à une batterie classique NMC (Nickel Manganèse Cobalt). Si les LFP encaissent moins bien le froid, comme nous l'avons tristement constaté sur la ë-C3 lors d'un test hivernal début 2025, celle de Renault est équipée d'une nappe chauffante qui doit en partie corriger ce défaut.

Cette batterie est associée à un moteur électrique de 60 kW, soit 82 chevaux, qui se montre assez bien adapté à la petite citadine de 1,2 tonne sur la balance. Résultat: une autonomie WLTP de 263 km, ce qui nous a semblé assez cohérent lors de notre essai. Nous avons en effet consommé 12 kWh aux 100 sur un trajet d'un peu plus de 100 km, ce qui donnerait une autonomie réelle de 226 km. Précision importante: cette Twingo est bridée à 130 km/h, vitesse que nous ne pouvions atteindre sur les essais qui se déroulaient sur l'île d'Ibiza. Toutefois, avec une partie de l'essai qui empruntait des voies rapides limitées à 100 km/h, nous restons plus confiant sur le fait que le véhicule sera tout de même adapté à un usage sur sa voie rapide même si ce n'est pas sa vocatio première.

La Renault Twingo 4. © EM

De quoi aussi évoquer le sujet de la recharge: Renault propose de série et sur les deux finitions une charge lente en courant alternatif (AC) à 6,6 kW. Une puissance très limitée qui permet de recharger la batterie en plus de 4 heures, ce qui d'après le constructeur correspond aux usages de certains acheteurs: ceux qui avaient par exemple pris l'option charge rapide sur la Zoé sans jamais l'utiliser.

Il faut donc ajouter 500 euros avec le "Pack Advanced Charge" pour passer à 11 kW en AC et surtout à du 50 kW en courant continu (DC) et environ 30 minutes pour un 10 à 80%.

Des prix bien positionnés face aux concurrents

Côté prix, cette nouvelle Twingo démarre en finiton Evolution à partir de 19.490 euros, mais 15.870 euros si on lui retire la "prime coup de pouce" (l'horrible dénomination qui remplace celle du "bonus écologique" mais que nous continuerons à utiliser par la suite) de 3.620 euros actuellement chez Renault (un montant désormais variable selon l'accord sur les certificats d'énergie CEE conclu entre un constructeur et un énergéticien). Un montant qui peut même retomber à 13.750 euros avec la prime maximale et avec des revenus qui ne permettent pas a priori de s'acheter une voiture neuve.

Le tarif de 15.870 euros avec "le bonus pour tous" reste intéressant, surtout quand on sait que la précédente Twingo électrique s'affichait plutôt à 22.000 euros bonus compris et avec 190 km d'autonomie.

Surtout, pour ce prix, on dispose déjà de pas mal d'équipements: l'écran tactile avec une simple réplication smartphone (et donc pas le système Google intégré proposé en finition Techno), les sièges arrière coulissant et rabattable, le radar de recul arrière et un freinage régénératif en mode B et un régulateur/limiteur de vitesse.

Pour 1.600 euros de plus et donc à partir de 17.470 euros (bonus compris), la finition Techno s'enrichit du régulateur adaptatif et surtout des palettes au volant et du fameux mode "One Pedal", très convaincant sur notre essai sachant qu'il permet de bénéficier d'un autohold et donc du véhicule qui reste immobilisé une fois arrêté, sans avoir à rester le pied sur le frein. On profite aussi du siège avant rabattable et de la caméra de recul.

Avec son diamètre de braquage sous les 10 mètres, la Twingo reste agile en ville. © EM

Notre modèle d'essai ajoutait les jantes alliage 18 pouces à 600 euros, les sièges avant chauffants à 300 euros, le vert absolu à 600 euros et un pack "parking & safety" à 600 euros (avertisseur de sortie sécurisée des occupants​, avertisseur d'angle mort et détection arrière avec correction trajectoire d'urgence, le parking mains-libres et l'avertisseur de sortie de stationnement en marche arrière avec freinage automatique d’urgence) dont on peut clairement se passer. On ajoute quelques accessoires, dont la carte mains libres en vert absolu facturée 55 euros pour arriver à la note finale de 20.455 euros (bonus déduit).

Cela reste une somme pour une citadine, mais le rapport prix/prestations devient redoutable face à la concurrence, notamment si on regarde les:

Citroën ë-C3 (finition You): Proposée autour de 16.390 euros (bonus déduit), elle est un peu plus chère que la Twingo Evolution, propose moins d'autonomie (204 km) et surtout, elle fait l'impasse sur l'écran d'origine pour un simple support smartphone.

Proposée autour de (bonus déduit), elle est un peu plus chère que la Twingo Evolution, propose moins d'autonomie (204 km) et surtout, elle fait l'impasse sur l'écran d'origine pour un simple support smartphone. BYD Dolphin Surf (finiton Active) Affichée à partir de 19.990 euros, elle propose déjà environ 310 km d'autonomie. Si elle ne bénéficie toujours pas du bonus, son équipement complet (V2L, écran rotatif) en fait une rivale de poids.

Affichée à partir de elle propose déjà environ d'autonomie. Si elle ne bénéficie toujours pas du bonus, son équipement complet (V2L, écran rotatif) en fait une rivale de poids. Fiat 500e (finition Pop): Son prix net reste autour de 20.400 euros. Elle offre moins d'autonomie (190 km) et un équipement plus chiche.

En conclusion: le retour en forme de la Twingo

Renault signe ici une copie intéressante, avec une Twingo qui retrouve l'essence de la première génération, malgré ce passage au tout électrique.

En refusant de livrer une voiture "au rabais", la marque au losange laisse aussi de la place à la future Dacia électrique, qui sera produite sur la même base et pourra se permettre de proposer moins d'équipements.

C'est la première fois qu'une nouvelle génération de voiture électrique baisse son ticket d'entrée tout en augmentant radicalement ses prestations. Comme le disait Patrick Le Quément, le designer de la toute première génération: "Le plus grand risque, c’est de ne pas en prendre." En 2026, Renault a pris celui de la nostalgie et du prix serré. Et la grenouille n'a décidément pas fini de faire parler d'elle.