Plusieurs études montrent que les mobilités, et en particulier le stationnement, seront au centre des attentes des citoyens français pour ces élections municipales. Près d'un automobiliste sur deux cherche une place en voirie au moins une fois par semaine et pour les deux tiers la situation s'est dégradée ces dernières années.
Trouver une place de stationnement peut vite tourner à l'aventure interminable dans les grandes villes. Alors que 87% des conducteurs utilisent leur véhicule au quotidien, pour plus des deux tiers (67%), se garer reste plus compliqué qu'il y a 5 ans, note une étude Ipsos pour Yespark*, spécialiste de la location de places de stationnement. De quoi générer un stress fréquent pour de nombreux automobilistes dans leurs déplacements de tous les jours.
Ce sujet sera ainsi au centre des attentes des citoyens pour ces élections municipales 2026. Une autre étude récente réalisée par OpinionWay pour Aramisauto montrait que 94% des Français souhaitaient que leur futur maire intègre au moins une priorité de mobilité dans son programme, rappelle un communiqué de Parclick, un autre spécialiste de la réservation de parkings en ligne. Derniers chiffres mentionnées, ceux de la Fondation Jean Jaurès, avec 75% des sondés qui rejettent la réduction des places de stationnement et 82% qui s’opposent à la hausse des tarifs.
Des centres-villes parfois complexes pour se garer
L'enquête d'Ipsos pour Yespark, qui s'est penchée sur les conducteurs vivant dans des communes de 5.000 habitants ou plus, montre que près d'un sur deux (49%) recherche une place en voirie régulièrement: tous les jours, voire plusieurs fois par jour pour 11%, 3 à 5 fois par semaine pour 15% et 1 à 2 fois pour 23%. Si on ajoute ceux pour qui cette quête de la place libre est plus occasionnelle, la proportion grimpe à 78%. Autrement dit, seuls 22% de ces automobilistes ne cherchent pas à se garer dans la rue.
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Dans les centres-villes, 25% des sondés disent mettre plus de 30 minutes pour se garer. Un problème souvent évoqué: une voiture qui circule uniquement pour chercher une place, c'est autant de pollution qui pourrait être évitée. Heureusement, la situation est plus simple dans les zones résidentielles et en périphérie urbaine, avec près de 9 automobilistes qui parviennent à se garer en moins d'une demi-heure.
Des amendes plus fréquentes
Le passage au FPS (forfait post-stationnement), avec des voitures flasheuses qui ne laissent plus vraiment passer les "oublis" de payer son stationnement, reste une des principales évolutions de ces dernières années. Un quart des automobilistes ayant régulièrement recours à la voirie déclarent ainsi avoir reçu une amende au cours de l’année passée, un chiffre qui grimpe à 32 % en région parisienne.
Les dépenses pour se garer restent toutefois assez limitées pour la plupart des automobilistes: inférieures à 20 euros par mois pour 67%. En région parisienne, la situation est plus contrastée: 35% dépensent moins de 20 euros, 18% entre 20 et 50 euros, et 13% plus de 50 euros par mois.
"Cette tension entre dépendance automobile et raréfaction des places de stationnement dessine les contours du principal défi pour l'aménagement urbain de demain. Les automobilistes ont besoin de solutions simples et abordables, qu’il s’agisse de quelques heures ou de plusieurs mois", explique Charles Pfister, cofondateur de Yespark.
Parkings publics... ou alternative à la voiture
Dans ce contexte, les parkings publics ont la cote: 71% des conducteurs disent y avoir recours. Mais les services nécessitant une réservation ne sont pas encore vraiment entrés dans les habitudes des Français: seuls 10% des répondants déclarent disposer d’un abonnement mensuel pour la location longue durée d’une place et 9% réservent leur stationnement à l’avance via une application ou en ligne.
La politique de stationnement a des conséquences directes sur les choix de mobilités: plus d’un conducteur sur deux (51%), déclare avoir déjà fait le choix de ne pas prendre sa voiture par peur de ne pas pouvoir se garer une fois sur place.
*Etude menée en novembre 2025 sur un panel portant sur 1000 individus âgés de 18-75 ans vivant dans des communes de 5.000 habitants ou plus, possédant un permis de conduire et disposant d’au moins une voiture au sein de leur foyer et la conduisant au moins quelques fois par mois.