Vous l’ignorez peut-être, mais les élections municipales comptent… trois tours. Les deux premiers visent à élire le maire de votre commune. Puis vient ce qui est communément appelé « troisième tour » pour désigner le président de votre intercommunalité.

Dans le nord des Yvelines, les élus ont choisi la maire de Meulan-en-Yvelines Cécile Zammit-Popescu (divers droite), seule candidate à sa succession, pour diriger GPS&O, plus grande communauté urbaine de France avec 73 communes et presque 450 000 habitants.

Méconnue, la « CU » intervient pourtant dans des domaines essentiels comme la distribution de l’eau, le ramassage des déchets, la voirie ou le développement économique. Alors que son mandat d’au moins six ans vient de commencer, la présidente dévoile les grandes lignes de son projet de gouvernance.

La gauche locale, contrairement aux années précédentes, se trouve en position de force. Vous n’êtes pas d’accord avec ce terme ?

CECILE ZAMMIT-POPESCU. Non. Si on prend juste les chiffres, le groupe a, il est vrai, doublé par rapport à la précédente mandature, passant de 14 à 33. Mais sur 143, ce n’est pas une position de force car notre groupe est presque à 70 !

Mais effectivement, quand on essaie de constituer l’exécutif par rapport aux poids des groupes, on constate bien sûr que leur présence pèse plus qu’avant.

Allez-vous augmenter la fiscalité ?

Nous en avons discuté avec les différents groupes. L’idée, c’est de ne pas toucher à la fiscalité, même si on a une augmentation mécanique des dépenses et des baisses de recettes, notamment celles liées aux dotations de l’État. Mais ne pas augmenter la fiscalité, c’est aussi être innovant et imaginer des façons de faire des économies.

Dans quel domaine ?

On y réfléchira collectivement !

Faut-il s’attendre à une baisse de certains services, par conséquent ?

On peut trouver des solutions, des leviers d’économies. Dans ma commune j’en ai trouvé sans toucher à la qualité de service.

Les habitants dénoncent régulièrement la hausse du prix de l’eau. Allez-vous intervenir pour éviter qu’elle n’augmente ?

Sur ce sujet, nous sommes liés à des éléments exogènes. Notre problème actuel, c’est d’harmoniser le prix de l’eau sur le territoire ainsi que le service. Un exemple : certains ont une eau décarbonatée alors que d’autres ne l’ont pas. Ce sera l’un des objectifs de mon mandat.

Faut-il s’attendre à une hausse de la facture ?

Non. L’idée c’est de pouvoir lisser et pas à la hausse. Mais c’est un dossier très complexe, avec énormément d’éléments à prendre en compte.

Sur les déchets, « on va réfléchir à un grand plan »

Certains maires se plaignent des déchets dans la rue…

On va essayer de trouver des solutions pour ces dépôts sauvages. Dans les zones rurales, il s’agit souvent de l’œuvre de certains artisans. En ville, on a plutôt des dépôts de particuliers. Mais c’est surtout lié à un problème d’incivilités croissantes. On va réfléchir à un grand plan pour résoudre ces problèmes.

Il y a des solutions techniques mais la première chose c’est d’inciter d’aller à la déchetterie. C’est beaucoup de prévention, de porte-à-porte à effectuer. Il y a un changement de mentalité à apporter.

Quelle sera la patte Zammit-Popescu pour les prochaines années ?

Je veux vraiment remettre le maire au cœur de la décision. Pour moi, on doit apporter les bonnes réponses à tous les services de proximité comme la voirie, l’éclairage, les déchets…