L’histoire avait quelque chose d’improbable. Un traceur à 5 euros, une carte postale et un affranchissement. Voilà tout ce qu’il a fallu à un média néerlandais pour localiser l’Evertsen, un navire de guerre hollandais servant à protéger le porte-avions français Charles de Gaulle, actuellement en opération comme nous l’évoquions en début de semaine.

Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient où la France a affirmé sa présence dans la région par la présence du fleuron de sa flotte, cette information pouvait inquiéter.

Du côté néerlandais, le ministère de la Défense a rapidement éclairci le cours de cette enquête faite pas un média de son pays. Le traceur a été découvert lors du tri du courrier, après que la frégate a quitté le port. Bien que le navire ait pu être suivi en mer, cela n’aurait pas représenté de risque opérationnel selon la Défense néerlandaise.

Un porte-parole de la Défense a déclaré en réponse qu’à la suite de « cet incident », des ajustements ont été effectués par la marine de guerre. Il n’est plus autorisé d’envoyer une carte de vœux avec des piles à l’Evertsen, et la Défense va réexaminer les directives concernant la sécurisation du courrier militaire, à l’origine du coup médiatique, sans que celui-ci ne soit stoppé.

Du côté français, on a reçu l’information avec flegme en la confirmant. « Ce dispositif n’a fonctionné que tant que le bâtiment était à portée GSM des côtes », nous a répondu l’État-major des armées. Mais a tout de suite tenu a expliqué sa stratégie lors de missions de ce type.

« Le groupe aéronaval français (GAN) a une fonction de signalement stratégique : lorsqu’il navigue à proximité des côtes, il est volontairement repérable. Ainsi, ce dispositif (NDLR, le traceur) ne fait que confirmer ce que des jumelles performantes permettraient déjà d’observer », nous explique encore une officier de l’État-major des armées.

« Ne pas compromettre les opérations »

« Lorsque le bâtiment et son escorte souhaitent réduire leur visibilité et s’éloignent des côtes et de la portée GSM, ce type de tracker « direct to cell » ne fonctionne plus », rappelle-t-on du côté des donneurs d’ordre de la « Royale ».

« En outre, la plupart des bateaux de guerre agissent comme des cages de Faraday et n’autorisent pas le passage du signal GSM à l’intérieur du bâtiment. La manœuvre de communication révélée par ce journal est spectaculaire mais le dispositif ne réalise pas une prouesse », assure le commandement de l’armée française.