La Turquie vient de faire passer un texte qui interdira l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Il impose également la possibilité pour les parents d'avoir des outils de contrôle parental, ainsi qu'un obligation d'action très rapide de la part des acteurs du secteur.

Un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté mercredi soir par le parlement turc, a rapporté l'agence étatique turque Anadolu.

Selon cette loi, les moins de 15 ans ne pourront pas s'inscrire sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques seront tenues de mettre en place des systèmes de vérification de l'âge, a précisé la chaîne turque d'information NTV.

Contrôle parental et réaction rapide

Les parents disposeront d'outils pour contrôler le temps passé devant les écrans et les dépenses en ligne, tandis "qu'en cas d'urgence" les principales plateformes de réseaux sociaux devront intervenir dans l'heure suivant la diffusion de contenus préjudiciables, a ajouté NTV.

La loi entrera six mois après sa publication dans le journal officiel, a précisé Anadolu.

Plusieurs pays débattent d'une interdiction d'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux.

Les ados bientôt privés de réseaux sociaux – 26/01 26:57

Emmanuel Macron a appelé la semaine dernière à instaurer une "journée sans connexion" mensuelle pour les jeunes, afin qu'ils retrouvent la lecture ou le sport, "la vitalité de la vie réelle", avant une réunion de "coordination" européenne sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans.

La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants de douze pays de l'UE (Allemagne, Autriche, Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Slovénie) ont débattu d'une restriction similaire concernant l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants. Soit "le double" des Etats initialement volontaires à l'automne dernier, ce qui montre que la mesure "gagne du terrain", s'est félicité le président français, qui a fait de ce combat un de ses grands projets de fin de mandat.

Une préoccupation internationale?

Le texte de loi français est passé récemment par le Sénat, dans une mouture, qui opte pour un système à deux vitesses. La question est toujours de savoir si cette rédaction et cette approche est compatible avec les textes européens.

De son côté, la Grande-Bretagne s'est lancée dans une consultation afin de mieux prendre en compte la réalité du quotidien des jeunes et de l'impact des réseaux sociaux sur les vies. Un moyen d'éviter une situation semblable à ce qui se passe actuellement en Australie. Ce pays a été le premier à mettre en place une interdiction en décembre dernier, mais l'application de la loi est difficile et les autorités de Canberra ont dû durcir le ton face à des acteurs peu pressés d'agir. De fait, une grande partie des utilisateurs mineurs auraient encore accès aux réseaux sociaux en Australie.