Pour son premier déplacement en tant que candidat à l'élection présidentielle 2027, Bruno Retailleau s'est rendu dans le quartier Pablo Picasso de Nanterre pour présenter son "plan d'urgence anti-trafics" ce jeudi 23 avril. Celui-ci nécessiterait de réformer la Constitution afin que ses mesures soient applicables.

Bruno Retailleau, fraîchement désigné candidat à l'élection présidentielle du parti Les Républicains, a présenté ce jeudi 23 avril son plan "d'urgence anti-trafics" qui prévoit de boucler 24 heures sur 24 les quartiers "gangrenés par le trafic de drogue" pour faire face "à la submersion de poudre blanche".

"Il faut absolument réagir parce que c'est une menace pour notre État", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur lors d'une visite dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, où s'est produite une bagarre entre dealers dans une école en décembre.

Pour ce premier déplacement après sa désignation dimanche comme candidat à l'Élysée par les adhérents LR, Bruno Retailleau a choisi un thème régalien: la lutte contre le narcotrafic qui a été renforcée par une loi l'an dernier lorsqu'il se trouvait à Beauvau.

"État d'urgence anti-trafics"

Le patron des Républicains entend la compléter avec un dispositif qui lui permettra d'établir "un état d'urgence anti-trafics", tout en précisant qu'il réformera la Constitution pour que ses mesures soient applicables.

"C'est une réponse très résolue qui fera partie de mon projet présidentiel", a-t-il expliqué à la presse aux côtés des parlementaires LR Roger Karoutchi et Philippe Juvin, ainsi que Hélène Matouk, candidate malheureuse de son parti aux récentes municipales.

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Cet "état d'urgence" se décline en trois volets: le premier - le judiciaire - prévoit d'allonger "la durée de détention provisoire (pour) taper l'économie de la drogue" ou encore des sanctions "beaucoup plus fermes" pour les mineurs afin de "frapper dès les premiers délits ces jeunes avec des courtes peines".

Bouclage des quartiers, potentielle mobilisation de blindés et coupure des télécommunications

Le second levier concerne "l'occupation du terrain" par les forces de l'ordre. Le candidat LR propose notamment de "boucler 24h/24" les quartiers touchés par le trafic de drogue pour en contrôler "les entrées et les sorties". Il n'écarte d'ailleurs pas de mobiliser dans cette mission des "véhicules blindés de la gendarmerie nationale" comme le Centaure.

Ce verrouillage, qui permettrait aussi de couper les télécommunications, concernerait entre cinquante et soixante quartiers "qui sont dans une situation où j'estime qu'ils échappent désormais à la loi de la République", a souligné le candidat, précisant que d'autres pourraient être ajoutés selon les critères retenus.

Enfin, le plan d'urgence donnerait aussi des "outils administratifs" afin notamment de "taper au portefeuille" des narcotrafiquants.