Une adoption qui passe mal. Un tribunal italien vient d’autoriser l’adoption par des étrangers d’un enfant ukrainien évacué vers la ville de Lecce (Italie) en 2022, suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Seul problème, et pas des moindres, la mère du petit est encore vivante et n’a pas perdu ses droits parentaux.
Dmytro Lubinets, le Commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien, a demandé ce mercredi 22 avril la révision de cette décision, rappelant la situation de la mère, tandis que le père est actuellement porté disparu au combat.
Pourtant, l’Ukraine maintient un moratoire sur les adoptions par des citoyens étrangers afin de protéger les enfants déplacés et d’éviter des adoptions hâtives ou mal évaluées qui pourraient les séparer définitivement de leurs familles. Malgré ces protections, le tribunal local pour mineurs a poursuivi la procédure d’adoption.
Le médiateur a déploré que l’enfant ait dans un premier temps été séparé de ses sœurs biologiques, qui ont été renvoyées en Ukraine. Cette décision ignore, selon lui, la priorité de maintenir un enfant au sein de sa famille et de son pays de naissance.
« Le tribunal italien a ignoré le moratoire »
« Cette décision est une violation flagrante des normes internationales en matière de protection des droits de l’enfant. Après tout, il y a une priorité : préserver l’enfant au sein de sa famille et de son État de naissance », a-t-il dénoncé. « Dans ce cas précis, le tribunal italien a non seulement ignoré le moratoire, mais aussi le fait que l’enfant a une famille : une mère et des sœurs biologiques ! », a-t-il ajouté.
Le Commissaire Dmytro Lubinets critique le fait que le tribunal se soit appuyé sur la « présence en l’absence » des parents sans tenir compte de leur incapacité concrète à s’impliquer réellement dans la procédure, en raison de la guerre.
« En outre, la décision du tribunal italien a été précédée de violations systémiques : l’éviction de représentants légaux ukrainiens, la nomination de tuteurs étrangers et la restriction de l’accès des diplomates ukrainiens aux enfants », a-t-il souligné. Il a donc demandé au système juridique italien d’annuler la décision, de restituer l’enfant à sa mère et de garantir le respect du moratoire ukrainien sur l’adoption internationale.