L’impulsivité de Donald Trump gêne une partie de ses collaborateurs, allant jusqu’à l’exclure de certaines conversations, d’après une enquête du Wall Street Journal qui s’appuie notamment sur des sources au sein de l’administration américaine.

Début avril, un jet de combat américain est fortement endommagé par l’armée iranienne et s’écrase dans le pays. Washington engage alors une opération pour retrouver les deux occupants de l’avion disparus en Iran, craignant qu’ils ne deviennent otages de Téhéran. Un événement qui n’était pas sans rappeler celle des otages en Iran en 1979, pendant laquelle une cinquantaine de diplomates et de civils américains ont été retenus en captivité à l’intérieur de l’ambassade américaine. Une crise qui avait duré 444 jours et avait selon Donald Trump contribuer à faire échouer Jimmy Carter à sa réélection. Donald Trump exige alors que l’armée intervienne sur le sol iranien, ce qui aurait constitué une première depuis cet épisode. Impatient, le président aurait crié sur ses conseillers pendant plusieurs heures. Ces derniers l’ont tenu à l’écart de l’opération estimant que son impatience était contre-productive, raconte un haut responsable de l’administration au journal américain.

Des déclarations qui agacent

Les déclarations contradictoires du président américain semblent aussi gêner ses conseillers. Certains d’entre eux lui ont suggéré de limiter les interviews improvisées à certains médias qui renforceraient d’après eux la contradiction dans ses propos. Selon les sources citées il arrivait que le président américain plaisante avec la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt en lui disant qu’il avait fait des révélations fracassantes à un journaliste, mais qu’elle devait attendre d’en savoir plus.

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Certains collaborateurs l’ont encouragé à donner une allocution télévisée pour rassurer les Américains quant à l’existence d’une stratégie en Iran. Le président américain, s’opposait alors à cette idée, affirmant qu’il ignorait ou la situation en Iran allait le mener. Pour l’encourager à donner un discours, ses conseillers ont alors rempli une salle à la Maison Blanche, indiquent des sources au Wall Street Journal. Malgré ses propres inquiétudes, Donald Trump a finalement adressé un discours consacré à l’Iran le 1er avril dernier.

Dérapages sur Truth Social

Autre source d’inquiétude à la Maison Blanche, ses messages compulsifs postés sur sa plateforme Truth Social. Le 5 avril, jour de Pâques, Donald Trump s’est visiblement levé du mauvais pied lorsqu’il écrit sur son réseau social une publication particulièrement violente : « Mardi, en Iran, ce sera la Journée des centrales électriques et la Journée des ponts, le tout en un seul jour. Ça va être du jamais-vu ! Ouvrez le putain de détroit, bande de fous furieux, ou vous vivrez en enfer ! VOUS ALLEZ VOIR ! Gloire à Allah. Président DONALD J. TRUMP ».

Dans la foulée, ses conseillers sont contactés par des sénateurs républicains et des responsables chrétiens qui lui reprochent l’utilisation d’un langage vulgaire et de l’expression « Gloire à Allah » le jour de Pâques, rapporte le Wall Street Journal. En coulisses, Donald Trump explique avoir pensé qu’en paraissant instable de cette manière cela inciterait les Iraniens à négocier. « C’est un langage que les Iraniens comprendraient », a indiqué le milliardaire à ses conseillers.

Si cette sortie a été questionnée par une partie des responsables de la Maison Blanche, cela n’a pas suffi à l’empêcher de faire de nouvelles déclarations incendiaires. Deux jours plus tard, le président américain lance un ultimatum à l’Iran, à sa manière. « Une civilisation entière va mourir ce soir » avait-il écrit dans un long message. « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas », ajoutait Donald Trump.