Gérald Darmanin se satisfait d’une « action déterminée et quotidienne ». Le nombre de détenus étrangers expulsés de France a augmenté de 70 % entre fin 2024/début 2025 et avril 2026, a indiqué ce mercredi matin sur le réseau social X le ministre de la Justice, confirmant une information d’Europe 1. Ce chiffre correspond dans « l’immense majorité » aux procédures de libérations conditionnelles-expulsions (LCE).

« À mon arrivée au ministère de la Justice, j’ai décidé de prendre à bras-le-corps la problématique des détenus étrangers, qui représentent 25 % de notre population carcérale et contribuent donc à la surpopulation de nos prisons (…) C’est inédit », s’est satisfait le garde des Sceaux.

Être ministre, c’est faire concrètement des choses. Changer des situations pour le bien de la France et de ses habitants. C’est ce que j’ai fait avec l’impôt à la source, la sécurité des Jeux Olympiques de Paris, les prisons de haute sécurité. Même si c’est difficile, il faut… — Gérald DARMANIN (@GDarmanin) April 22, 2026

Selon une note du ministère de la Justice, que Le Parisien a pu consulter, il s’agit de « la première fois que la population étrangère baisse dans nos prisons malgré l’augmentation des flux de détenus ». Cette même note indique qu’au 1er avril, la population carcérale était de 88 419 détenus, dont 21 329 étrangers - c’est-à-dire n’ayant pas la double nationalité française -, soit 24 % au total contre 26 % à l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de la Justice en décembre 2024.

Plusieurs leviers « complémentaires »

Comment expliquer cette hausse des expulsions des étrangers incarcérés ? « Une « mission étrangers », opérationnelle mi-2025, a été mise en place au sein de la direction générale de l’administration pénitentiaire », rappelle-t-on au ministère de la Justice. Celle-ci, composée de magistrats et de membres de l’administration pénitentiaire et de corps préfectoraux, vise à « analyser chaque dossier », à « fluidifier les liens », notamment avec les consulats, et à accélérer les rythmes des expulsions.

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La note de la Chancellerie cite aussi « deux leviers principaux et complémentaires » : « les reconnaissances mutuelles de jugement (RMJ), prioritairement pour les ressortissants européens », et les « libérations conditionnelles-expulsions (LCE) » qui représentent l’immense majorité des expulsions.

Concrètement, pour la LCE, comme on l’explique au ministère de la Justice, si le pays d’origine du détenu donne son accord, un magistrat peut décider d’une libération avant la fin de la peine - « généralement aux trois quarts de la peine » - avec une expulsion immédiate du territoire national. Le recours aux LCE « a fortement progressé, passant de 1 039 en 2023 à 1 500 en 2025 (+ 44 %) avec une dynamique encore renforcée en 2026 (+ 33 % par rapport à 2025 et + 70 % par rapport à 2024) ».

« Par ailleurs, la politique menée vise à résorber le stock d’OQTF (obligation de quitter le territoire français) inexécutées en détention, en transformant ces décisions en éloignements effectifs. Cette évolution est directement liée à la meilleure articulation entre les acteurs, à l’anticipation des procédures et à la montée en puissance des dispositifs opérationnels », peut-on lire dans la note du ministère de la Justice.