Rue du Régiment de la Chaudière, rue Montauban, rue de la Corderie… Le « Dictionnaire illustré des rues de Bernières-sur-Mer », édité par Bernières optique nouvelle patrimoine (B.O.N.), une association locale, est une sorte de jeu de pistes dans l’histoire de cette petite ville de la côte de Nacre. La seconde édition de cet ouvrage (la première datait de 2018) recense les 125 rues de la localité de 2 300 habitants.
« On présente la situation de la rue, à quel moment il lui a été donné un nom et on essaie de fournir un éclairage sur chaque élément remarquable, comme un lieu, une personnalité y ayant vécu ou un détail comme un porche », explique Marie-Caroline De Castelbajac, la présidente.
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Cette immersion dans le plan de Bernières nous ramène inévitablement à un événement connu : le Débarquement de Normandie du 6 juin 1944, à l’image des rues du Berkshire Regiment, Régiment de la Chaudière ou encore de la rue des Queen’s Own Rifles of Canada, témoins de l’assaut des forces canadiennes - et d’unités britanniques - le Jour-J. Une histoire que l’association connaît bien pour avoir par ailleurs créé, il y a une quinzaine d’années, un cheminement en ville sur les traces de l’avancée canadienne, photos d’époque et panneaux explicatifs à l’appui.
« L’église du XIIe siècle paraît aujourd’hui surdimensionnée »
Mais le dictionnaire des rues dévoile aussi une part d’histoire bien moins connue. « Jusqu’au XVIIe, siècle, Bernières-sur-Mer avait un port, indique Annie De Géry, habitante depuis 1983 et vice-présidente de B.O.N. Le fleuve la Seulles longeait la dune jusqu’à Bernières et ce port a fait sa richesse. C’est pour cela qu’on trouve une rue de la Corderie par exemple, en référence aux artisans de cordage. Il y a des références au passé maritime de la ville. » Ou encore la rue du Picoteux (référence à un petit bateau de pêche). Un port où transitèrent par exemple des pierres exportées jusqu’en Angleterre pour construire la Tour de Londres.
Plus lointaines encore, des allusions au passé religieux de Bernières dont l’église du XIIe siècle « paraît aujourd’hui surdimensionnée par rapport à la taille de la ville », glisse Marie-Caroline De Castelbajac. Sa vice-présidente et maman, Annie, apporte l’explication : « L’église a été construite sur des terres achetées par l’évêque Odon, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Le grand trésorier de l’évêché était seigneur de Bernières donc il fallait une grande et belle église ». Outre de nombreuses rues au nom des curés successifs, l’ouvrage nous apprend qu’une ancienne rue de la Grande trésorerie fut rebaptisée rue du Vignoble à la Révolution.
Une ville classée Site patrimonial remarquable
Le livre est vendu localement à 19,50€ et révèle via les petites et grandes histoires des rues, souvent illustrées, des éclairages sur Bernières-sur-Mer, aujourd’hui classée Site patrimonial remarquable. La ville compte notamment plusieurs châteaux et grandes bâtisses, du fait de sa richesse passée, même si elle est désormais une cité plus discrète à l’échelle de la côte de Nacre.