Bonjour Graki. Un accident nucléaire est malheureusement toujours possible en France comme ailleurs dans le monde. L’exemple de Fukushima l’illustre tristement. Mais lorsque j’ai posé la même question que vous à Olivier Dubois, spécialiste de la sûreté nucléaire à l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, il m’a répondu que le réacteur de Tchernobyl avait été conçu de manière totalement différente des réacteurs nucléaires français. Ce que cet ingénieur en génie atomique a retenu de l’accident de Tchernobyl comme de celui de Fukushima au Japon est que l’industrie du nucléaire doit être beaucoup plus transparente. Il fait ici référence aux nombreux mensonges des autorités soviétiques qui ont voulu minimiser à l’époque les conséquences de la catastrophe et caché au monde entier l’ampleur du désastre. « On ne communiquerait pas de la même manière aujourd’hui car si un accident nucléaire se produisait même à l’autre bout de la planète, nos réseaux de mesure le détecteraient très rapidement ». Après Tchernobyl et Fukushima, tous les ingénieurs nucléaires du monde ont par ailleurs remis à plat leurs certitudes autour de la sûreté des réacteurs. Olivier Dubois m’a cité l’exemple de l’accident de Three mile Island (États-Unis) survenu le 28 mars 1979. Le cœur du réacteur de la centrale avait en partie fondu suite à une chaîne d’événements entraînant le relâchement de radioactivité dans l’environnement. « Peu de gens croyaient possible à l’époque un accident avec fusion du cœur et beaucoup d’améliorations ont été apportées depuis dans les centrales pour en limiter les conséquences si cela arrivait. Après Fukushima, on a revu tous les niveaux de protection de nos centrales au regard du risque d’inondation en rehaussant des digues et en protégeant mieux les bâtiments et leur étanchéité. EDF a même mis en place une force d’action rapide du nucléaire ».