Bien qu’il ne la vende à peine 15 000 euros, la maison familiale de Christophe Marulier, à Frain (Vosges), ne trouve pas preneur depuis une bonne dizaine d’années. Située au centre de ce village d’une centaine d’habitants, cette bâtisse inhabitée, typiquement lorraine, a pourtant de beaux atouts : parquets massifs, cave voûtée et une cheminée en pierre de taille, mais elle est restée dans son jus depuis une quarantaine d’années. « J’ai eu quelques touches qui n’ont rien donné, car les gens avaient peur de l’ampleur des travaux, ce que je comprends. »
Des scénarios de réhabilitation chiffrés, par poste de travaux
Parce qu’il est souvent difficile de se projeter lorsque l’on est un acheteur potentiel, et parce que ce type de maisons suscite peu d’intérêt tant elles sont nombreuses, la communauté de communes Vosges Côté Sud-Ouest vient de lancer un dispositif de soutien inédit aux propriétaires, comme Christophe Marulier.
« Nous leur proposons de financer entièrement le travail d’un maître d’œuvre, qui vient visiter la maison, pour faire un état des lieux et qui va travailler sur deux scénarios de réhabilitation chiffrés, par poste de travaux » explique Alain Roussel, le président de la communauté de communes.
Pièce par pièce, le projet de rénovation est détaillé, avec toutes les préconisations de remise aux normes. « Il s’agit de lever les freins à la vente, en apportant une vision claire, réaliste et surtout chiffrée au plus près de la réalité » détaille Alain Roussel.
Un gain de temps, pour les acheteurs potentiels, qui sauront à quoi s’en tenir, en termes de budget et qui pourront investir en connaissance de cause. Ensuite, sur la façade des maisons retenues, un panneau avec un QR code sera affiché, et permettra d’accéder à cette étude détaillée. Sont visées les maisons construites avant 1948, en vente depuis plus d’un an.
Enrayer la baisse de la démographie
« Autant dire qu’il y en a beaucoup chez nous » poursuit Alain Roussel, qui ne cède pas au fatalisme face à ce bâti dégradé à grande échelle. « Nous devons agir avec ce type de dispositif inédit, et pouvoir aider à la vente, surtout quand il s’agit de maisons situées en plein centre. Car sinon, nos villages se meurent » poursuit l’élu, qui milite pour la rénovation plutôt que la construction de nouvelles maisons.
« C’est ridicule de payer un éclairage public au centre bourg alors qu’il n’y a personne. Dans le même temps, lorsque de nouvelles maisons sortent de terre, il faut tirer les réseaux, aménager des rues, apporter l’éclairage… Tout cela coûte cher à la collectivité. C’est un vrai problème et c’est un enjeu qu’il faut pouvoir maîtriser » justifie Alain Roussel, dont l’objectif, avec ce coup de pouce aux propriétaires, est également d’enrayer la baisse de la démographie sur son territoire.