L’Union européenne (UE) a indiqué ce mardi qu’elle envisageait d’importer du kérosène alternatif depuis les États-Unis ou d’imposer aux États européens la constitution de réserves minimales de kérosène, afin d’éviter une pénurie liée à la guerre au Moyen-Orient. La Commission européenne doit présenter ce mercredi une série de mesures pour faire face à la crise énergétique.

Bruxelles va notamment créer « un nouvel observatoire des carburants afin de suivre l’approvisionnement et les niveaux de stocks. Bien entendu, nous commencerons par le kérosène », a indiqué le commissaire européen aux Transports Apostolos Tzitzikostas, à l’issue d’une visioconférence avec les ministres des Vingt-Sept. À l’heure actuelle, il n’y a pas de pénurie en Europe, martèle ce responsable. Mais l’inquiétude est de plus en plus forte, alors que 20 % du kérosène consommé par l’UE transitait habituellement par le détroit d’Ormuz.

L’UE appelle les 27 à se coordonner

Outre cet observatoire, l’UE veut étudier le degré de flexibilité sur les créneaux aéroportuaires et la pratique du « fuel tankering », quand les compagnies volent avec plus de carburant que nécessaire pour éviter de racheter du kérosène plus coûteux dans un autre aéroport.

À plus long terme, « nous travaillons à la sécurisation de sources alternatives d’approvisionnement en kérosène pour l’Europe, par exemple du carburant » de type Jet A produit aux États-Unis, différent du Jet A-1 distribué dans le reste du monde, a dit le commissaire européen. Cette proposition a toutefois peu de chances d’aboutir rapidement. Le Jet A n’est pas utilisé en Europe actuellement, car il ne correspond pas aux normes européennes sur les très basse température, pour les vols long-courriers notamment. Une évaluation est en cours avant de prendre une décision, a indiqué Apostolos Tzitzikostas.

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Le responsable européen a aussi appelé les Vingt-Sept à se coordonner face à la crise. « Si de véritables problèmes d’approvisionnement devaient apparaître, nos stocks d’urgence devront être utilisés de la manière la plus efficace possible. Toute libération nationale de carburant devra se faire en toute transparence, afin d’éviter toute distorsion du marché », a-t-il plaidé.

« Au-delà de la crise actuelle, nous devons également être prêts à faire face à de futurs chocs. C’est pourquoi nous évaluerons la nécessité d’une obligation minimale de stockage de kérosène, imposant aux États membres de maintenir des réserves d’urgence minimales », a-t-il ajouté.