Une simple plaisanterie ou un moyen de convaincre les États-Unis ? Des négociateurs ukrainiens ont proposé de baptiser une zone du Donbass « Donnyland », un mélange entre le nom de cette région de l’est de l’Ukraine et le prénom du président américain.

D’après des sources citées par le New York Times, ce terme a été mentionné pour la première fois lors de pourparlers de paix par un responsable ukrainien, en partie sur le ton de la plaisanterie. Mais il reflétait aussi une volonté de convaincre l’administration Trump de s’opposer plus fermement aux envies russes d’annexer une partie du territoire ukrainien. À en croire les sources proches des discussions citées par le journal américain, « Donnyland » est toujours employé dans les négociations, bien qu’il ne figure dans aucun document officiel.

Eviter que la zone ne passe sous contrôle russe

Ce petit bout du Donbass d’à peine 80 km mètres de long sur 65 km de large est encore sous contrôle ukrainien mais revendiquée par Moscou. Depuis la fameuse rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, en août dernier, les États-Unis soutiennent l’idée que l’accord de paix puisse inclure un retrait de l’Ukraine jusqu’aux limites administratives du Donbass. Selon cette option, « Donnyland », encore sous contrôle ukrainien basculerait alors dans l’escarcelle russe.

La zone abrite 190 000 habitants selon les autorités ukrainiennes mais possiblement deux fois moins selon d’autres sources citées par le New York Times. Le territoire est aujourd’hui dépourvu de ses industries, hormis une mine de charbon toujours en activité. Du fait de sa proximité avec le front, « Donnyland » est particulièrement enclavé, la principale autoroute du territoire est recouverte de filets pour se protéger de drones russes.

Qu’adviendrait-il de ce territoire ? Si le nom de « Donnyland » n’a jamais été employé officiellement, Volodymyr Zelensky s’est montré ouvert à un compromis pour créer une zone démilitarisée ou une zone franche contrôlée par les deux parties. Kiev a également examiné la proposition de créer un administrateur neutre composé de représentants russes et ukrainiens, sans toutefois l’approuver.

Le Kremlin s’est montré favorable à la création d’une zone démilitarisée à condition que les forces de l’ordre russes puissent y patrouiller. Une condition rejetée catégoriquement par l’Ukraine. Kiev cherche donc le soutien des États-Unis, qui s’est largement effrité depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, afin de faire plier Moscou sur la question. En nommant la zone en référence au président américain, les Ukrainiens espèrent attirer son attention et se prémunir d’une nouvelle invasion russe depuis le territoire.

Le modèle monégasque

Une autre proposition citée par des sources proches de négociations propose de faire de « Donnyland » un micro-état semi-autonome à la fiscalité avantageuse. La création de toutes pièces de ce pays sur le modèle de Monaco semblait sérieusement envisagée puisque la proposition figurait sur des brouillons de traités, indiquent des sources proches des négociations au Times.

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