Un nouveau front s’ouvre dans la guerre contre le protoxyde d’azote, ce gaz dont l’usage est de plus en plus détourné pour ses effets hilarants, avec des conséquences dramatiques sur la santé et à l’origine de nombreux accidents mortels sur les routes. L’association Antoine Alléno, du nom du fils du chef cuisinier Yannick Alléno, tué par un chauffard en mai 2022, lance ce mercredi une action de groupe contre deux entreprises : IVM Firma Handlowa, société polonaise responsable du marketing et du packaging des cylindres de protoxyde d’azote de la marque Cream Deluxe, et Zhuzhou Xingye Chemical, société chinoise responsable de leur fabrication et de leur commercialisation.
« Nous espérons, par ce moyen, faire condamner ces deux entreprises en espérant que le ministère public s’associe à notre action, précise Benoît Javaux, avocat associé du cabinet Squadra et conseil de l’association. Pour, à terme, une lourde amende civile mais aussi une interdiction, en France, de la commercialisation cynique et trompeuse de ce gaz via des formats géants, 666 grammes ou 2000 grammes, clairement destinés à inciter à un usage détourné. »
Quel est l’objectif de l’action judiciaire lancée ce mercredi ?
YANNICK ALLÉNO. C’est de démontrer que ces deux entreprises utilisent des pratiques commerciales injustes pour vendre leurs produits. S’appuyer sur le fait que ce gaz est utilisé en restauration n’est pas vrai. Alors oui, sous la forme de petites cartouches pour faire de la chantilly, mais pas sous celle de tanks de trois litres que je n’ai jamais vus dans nos cuisines ni dans aucun des innombrables restaurants que j’ai pu visiter à travers le monde. Ces pratiques mensongères sont là pour vendre des produits à des gamins qui se démontent la tête avec. J’assimile ce protoxyde d’azote à de la drogue dont les ravages sont connus avec des morts et déjà 150 accidents de la circulation enregistrés depuis le début de l’année et 450 recensés l’an dernier.
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Pourquoi choisir une action de groupe ?
Le collectif est toujours plus fort. Des victimes et des proches de victimes s’associent à notre action, qui consiste également à faire publier le décret d’application de la loi permettant de poursuivre un chauffard pour homicide routier s’il a consommé de l’alcool et/ou des drogues, parce qu’il ne peut ignorer le danger qu’il fait courir aux autres et susceptible de causer un accident aux conséquences mortelles.
Une nouvelle loi sur le protoxyde d’azote est-elle nécessaire ?