Du haut de ses 200 ans d’existence, l’institution des Chartreux en a vu d’autres. Il n’empêche, l’incendie survenu le 1er avril dernier fera date dans l’histoire du prestigieux groupe scolaire lyonnais situé sur la colline de la Croix-Rousse. Après six jours de lutte intense contre le feu, mobilisant une centaine de sapeurs-pompiers, le sinistre (probablement causé par un défaut électrique) a pu être circonscrit. Mais les dégâts sont considérables.
L’aile est du bâtiment principal, qui date de 1847 - œuvre de l’architecte Tony Desjardins - a été en grande partie détruite. Elle accueillait 180 internes qui, lorsque l’incendie s’est déclaré en soirée, ont tous pu être évacués en un temps record. « C’est l’un des feux majeurs de l’histoire de Lyon. Sur un bâtiment moderne, il ne se serait pas propagé aussi vite. Mais on avait affaire à beaucoup de bois. Ce qui explique l’ampleur de cet incendie », raconte le père Jean-Bernard Plessy, directeur général de l’institution des Chartreux, qui était sur place au moment où l’immeuble s’est embrasé.
Des bâtiments provisoires utilisés pour les JO de Paris
Dévorés par les flammes, la toiture et plusieurs étages du monumental édifice en pierres se sont effondrés et seront reconstruits à l’identique. Pressé, le supérieur du groupe scolaire des Chartreux promet un chantier éclair. « Je suis le seul à dire que ça se fera en un an. Tel est mon souhait ! » Compte tenu de son rayonnement et de son prestige, l’institution lyonnaise ne peut se permettre de faire traîner les travaux. « Les Chartreux ont une vocation nationale. Il y a ici 70 départements représentés », rappelle le père Plessy.
Dans la cour de récréation, alors que les 2 650 élèves du site principal (sur un effectif total de 4 700) ont miraculeusement pu effectuer leur rentrée scolaire ce lundi, les pelleteuses sont déjà à l’ouvrage pour enlever les pierres calcinées. Sur un terrain de sport situé à 1,5 km, à l’autre bout de la Croix-Rousse, la direction du groupe scolaire privé a fait installer d’immenses structures blanches en semi-dur, dans lesquelles des chambres pouvant accueillir jusqu’à quatre internes, collégiens et lycéens, ont été aménagées à la hâte.
« On s’est battus comme des lions »
Les bâtiments provisoires (3 000 m2), utilisés lors des Jeux de Paris 2024 et plus récemment de Milan-Cortina en Italie, ont été fournis par l’entreprise lyonnaise GL events. Leur installation, en seulement quelques jours, relève de la prouesse. Elle a mobilisé nuit et jour 150 personnes dont beaucoup de couturiers afin de tendre les immenses toiles. Depuis lundi, 140 filles et 40 garçons, sur les 700 internes accueillis, se sont installés dans ce village qui dénote avec le reste du bâti, à forte valeur patrimoniale.