À la manière d’un boomerang, le souhait des républicains de redécouper les cartes électorales, afin de gagner quelques sièges à l’occasion des Midterms de novembre aux États-Unis, est en train de leur revenir dans la figure. À tel point que certains s’interrogent : et si, au final, les démocrates sortaient gagnants de cette bataille politique ?
Mardi, les électeurs de Virginie, sur la côte Est, ont validé un redécoupage soutenu par le camp progressiste. La nouvelle carte pourrait permettre aux démocrates de décrocher jusqu’à 10 des 11 sièges de l’État à la Chambre des représentants, contre 6 aujourd’hui. Un succès qui s’inscrit dans une dynamique plus large, après celui enregistré en Californie en novembre dernier, où un nouveau découpage pourrait offrir cinq sièges supplémentaires à la gauche.
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Donald Trump avait-il anticipé un tel effet de retour lorsqu’il a poussé, à l’été 2025, les élus du Texas à revoir leur propre carte électorale ? Le président américain espérait alors renforcer le camp conservateur dans cet État clé. L’objectif : sécuriser quelques sièges supplémentaires à la Chambre des représentants, où les républicains ne disposent que d’une majorité fragile (217 sièges contre 212) à l’approche d’élections de mi-mandat qui s’annoncent périlleuses.
Les Démocrates dans le sillage de Newsom
Les Démocrates, au lieu de subir sans broncher l’assaut du président, ont au contraire décidé de batailler en retour. C’est notamment Gavin Newsom, le Gouverneur de Californie et probable candidat aux présidentielles de 2028, qui a défendu l’idée de répondre coup pour coup aux manœuvres du camp d’en face.
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Le parti républicain pourrait le payer cher. « Nous aurions dû anticiper et avoir trois ou quatre coups d’avance, a regretté Don Bacon, un élu du Nebraska qui ne se représentera cette année. Nous aurions dû savoir qu’il y aurait une riposte à ce que nous avons fait au Texas. Nous en paierons le prix en novembre. »
Le parti républicain est plombé par des sondages catastrophiques. La politique menée à la Maison Blanche est également rejetée avec force par une large partie de la population. Les élections de mi-mandat, habituellement difficiles pour le parti au pouvoir, s’annoncent comme une déroute historique.
Le Sénat pourrait être perdu par les Républicains
Une analyse du New York Times publiée hier a même laissé entrevoir la possibilité d’un changement de majorité au Sénat, une éventualité inimaginable il y a quelques semaines encore. Les Démocrates sont en course pour remporter, dans la Chambre haute, 4 sièges aujourd’hui occupés par des Républicains, dont 2 dans des États où Donald Trump avait dominé Kamala Harris de plus de 10 % lors de la dernière présidentielle.
La bataille des cartes électorales n’est pas terminée. La Floride est le prochain État à en avoir fait son objectif. Une modification qui serait en faveur des Républicains cette fois-ci. La Louisiane y réfléchit aussi. Mais il apparaît d’ores et déjà que cette offensive n’aboutira pas à l’effet escompté. Au final, les nouvelles cartes pourraient donner jusqu’à cinq sièges de plus aux Démocrates, selon un décompte du Wall Street Journal.