C’est un coup de foudre qu’a eu Jean Guillard. « Je suis sensible à l’architecture, souligne celui qui habitait jusque-là à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Je pars du principe qu’on n’a qu’une vie… » Alors, en 2016, il est devenu propriétaire de La Roselière, imposante demeure des bords de Seine à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne).
Sa maison est une des « Affolantes », ces grandes villas de villégiature construites à la fin du XIXe sur les bords de Seine, dans le sud de la Seine-et-Marne, autour desquelles l’office de tourisme du Pays de Fontainebleau organise une balade à vélo guidée ce samedi 4 avril, mais aussi le samedi 27 juin prochain.
Bois-le-Roi, 16 mars 2026. Jean Guillard ici devant sa demeure appelée La Roselière, bâtie en 1911, forte de six chambres, douze cheminées, et une vue superbe sur la Seine.
Des maisons secondaires surtout prisées, à leur construction, par les industriels ou riches commerçants parisiens venant se mettre au vert le week-end et l’été, au bord de l’eau, à proximité de la forêt de Fontainebleau. Un patrimoine architectural étonnant.
46 fenêtres
Jean Guillard salue la démarche de l’office de tourisme. « Une maison comme cela, c’est fait pour être partagé », assure-t-il. Un jour, un groupe de Japonais s’était arrêté devant chez lui. « Je leur ai dit de venir visiter, j’aime bien faire aux autres ce que j’aimerais qu’on me fasse », s’exclame l’homme âgé de 62 ans. Il a déjà ouvert le rez-de-chaussée de La Roselière lors de Journées du patrimoine. Ou encore accueilli un concert de Pro Quartet dans le jardin.
Bois-le-Roi, 16 mars 2026. Le salon lumineux comporte une cheminée avec un dormant juste au-dessus (l'évacuation des fumées est latérale).
Érigée en 1911, selon la date qui figure sur le cadran solaire mural, au-dessus de l’entrée, cette maison aux grandes fenêtres et aux garde-corps en bois offre une vue plongeante sur la Seine. « Le Parisien qui l’a fait construire vendait des tonneaux, affirme Jean Guillard. Avec l’avènement du train et la ligne Paris-Lyon-Marseille, il fallait une heure de la gare de Lyon jusqu’à Bois-le-Roi. Le chemin de fer a permis de faire venir beaucoup de gens ici. »
Selon lui, La Roselière doit son nom à la présence de roseaux sur les berges, dans le passé. Le mélange des styles l’enthousiasme, « avec des parements blancs en pierre de Souppes, comme celle utilisée notamment pour la basilique du Sacré-Cœur et l’Arc de Triomphe, de la pierre meulière, des briques roses, une tour de style médiéval et, côté Seine, un style anglo-normand… »
Vue imprenable du pigeonnier
Bâtie sur un sous-sol total d’une centaine de m2, la Roselière s’étend sur 310 m2 d’habitation. Elle a de quoi affoler avec ses 46 fenêtres aux vitrages réalisés sur mesure, ses douze cheminées et ses six chambres. Son entrée baignée de lumière permet d’y improviser un jardin d’hiver avec des plantes vertes sur un sol de mosaïques.
La demeure a aussi ses astuces cachées. Le salon qui donne sur la Seine comporte un dormant juste au-dessus de la cheminée. En l’absence de conduit, par où donc s’évacue la fumée ? Un système invisible et judicieux existe : des conduits latéraux qui se rejoignent ensuite en une seule cheminée…
Bois-le-Roi, 16 mars 2026. L'escalier en chêne est éclairé par un long vitrail vertical sur toute la hauteur de la maison.
L’escalier d’époque, en chêne, dessert les étages et les chambres. Dans l’une d’elles, dotée d’une fenêtre en arc de cercle, la crémone suit précisément la courbe de la fenêtre… Tout est pensé dans cette maison jusqu’au sommet, sorte de pigeonnier qui abrite un atelier de peintre avec une vue imprenable sur les alentours, jusqu’à l’écluse dite de la Cave.
Un entretien coûteux
Le terrain de 2 500 m² doté de 26 tilleuls compte une maison de gardien, une piscine, une berge avec un ponton privatif… « L’été les amis aiment venir et passer du temps ici, il y a une belle terrasse avec vue sur la Seine », savoure Jean Guillard.
Lors de l’acquisition de la Roselière, « il y avait deux grands lions près de l’entrée, façon maison de Pablo Escobar. Ils ont disparu. Mais je ne regrette pas, cela faisait vraiment pompeux ! », rit-il.
Bois-le-Roi, 16 mars 2026. Pour la construction du Vieux logis, son propriétaire a fait venir d'Amiens par la Seine la façade très typée d'un immeuble victime d'un incendie.
Il confie toutefois qu’« entretenir une telle maison n’est pas une sinécure. Avec un chauffage au gaz, les factures étaient élevées. J’ai fait installer trois pompes à chaleur ! » L’imposant vitrail qui apporte un bain de lumière à la cage d’escalier sur 7 m de hauteur n’isole pas du froid. « Il n’existe pas encore de double vitrage pour les vitraux », constate le maître des lieux.
« On fait tout nous-mêmes ! »
Avec sa conjointe, il s’occupe du jardin… sans jardinier. « On fait tout nous-mêmes ! » Partageur toujours, il pense raser les lauriers très hauts qui ont poussé le long des berges de Seine afin que les promeneurs puissent admirer la vue sur le fleuve. « C’est pour eux car la Seine, chez nous, on la voit ! »
Le 4 avril et 27 juin, la balade à vélo commentée partira de la gare de Bois-le-Roi et proposera une boucle d’une heure trente pour 25 euros. Une façon de valoriser le slow tourisme sur les liaisons douces tout en découvrant ce patrimoine incroyable sur les bords de Seine.
Bois-le-Roi, 16 mars 2026. La guide Edwige Auger vous livrera l'histoire et les secrets des Affolantes -comme ici le Clos-Barbeau conçu par l'architecte Louis Périn- lors de la sortie à vélo proposée les 4 avril et 27 juin.