Paris va-t-elle avoir droit, comme le Val-de-Marne, à son téléphérique ? Les Parisiens et touristes de passage près du Sacré-Cœur ce jeudi matin auraient pu le croire en apercevant dans les airs une cabine survolant à 25 m de hauteur les arbres de la butte de Montmartre. Dès qu’il tombe quelques centimètres de neige, les gamins et autres aventuriers ont l’habitude de dévaler les jardins de la butte à ski ou sur des luges improvisées, un téléphérique ne déparerait donc pas dans le paysage.
Mais pas d’emballement : l’engin de 4 tonnes aperçu dans le ciel bleu parisien, l’espace de quelques minutes, n’est autre qu’une cabine du funiculaire de Montmartre.
Tous les 10 ans, les cabines du funiculaire de Montmartre survolent le ciel parisien avant d’être posées sur un camion pour partir en révision du côté d’Albi en Occitanie
Comme sa jumelle revenue il y a quelques jours dans le quartier après avoir été rénovée, la nacelle a été décrochée pour partir à Albi en Occitanie subir une grande opération de révision.
Une inspection tous les dix ans
Une inspection imposée par la réglementation tous les 10 ans ou après 20 000 heures de trajets. Chaque année, 3,5 millions de voyageurs utilisent cette remontée mécanique. Pour éviter tout accident grave comme celui survenu à Lisbonne en septembre dernier, les appareils doivent être démontés, nettoyés et, chaque pièce, inspectée. Boulons, châssis… Tout est soigneusement contrôlé. « Sur la première cabine on a constaté que les roues étaient usées. Elles ont donc été remplacées », indique Jean-Michel Antunes, chef de projet de l’opération de maintenance.
"Toutes les pièces de la cabine du funiculaire ainsi que le câble ont été nettoyés et contrôlés", explique Jean-Michel Antunes, chef de projet de l'opération de maintenance du funiculaire de Montmartre. LP/M-A.G.
La première cabine est rentrée à Paris il y a une semaine mais n’a pas pu reprendre le service immédiatement. Une fois repositionnée, elle a fait l’objet d’une batterie de tests durant plusieurs jours. « Il fallait s’assurer que tout fonctionne bien : freinage, capteurs, ouverture et fermeture des portes… » énumère l’agent de la RATP. Le câble de 126 m de long a lui aussi été inspecté.
Une seule cabine opérationnelle jusqu’en juin
Des tests d’autant plus nécessaires que cette cabine sera la seule à assurer les allers-retours sur la butte Montmartre en attendant que l’autre revienne de son opération de maintenance en province.
Ce jeudi matin, après avoir flotté dans les airs l’espace de quelques minutes le temps de survoler la gare du funiculaire, cette deuxième cabine a ensuite été délicatement posée sur un camion puis solidement attachée avant de mettre le cap au Sud. « Tout s’est bien passé. C’est toujours un peu stressant ce type d’opération », sourit le chef de projet.