« Le village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur existe vraiment. Il s’appelle Reichstett » ! « 3 choses que tu peux faire pour lutter contre un projet inacceptable à Reichstett »… Aucun doute, Colin Johner maîtrise à la perfection les codes des réseaux sociaux. C’est en apostrophant sa communauté que le jeune homme de 25 ans et son frère de 29 ans font parler de leur mobilisation pour leur village du Bas-Rhin via le compte « Teps’Out » sur Facebook, Instagram et TikTok depuis deux mois.

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« Depuis un an, nous avons été informés du projet de l’entreprise Tepsa Wagram d’étendre le stockage du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) sur l’actuel site de Reichstett », explique Brice, l’aîné de la fratrie. Cette société française veut faire venir du GNL d’Algérie via Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour le stocker ensuite en Alsace et le revendre. Selon une étude menée par la mairie de Reichstett, le trafic routier serait impacté avec 30 000 camions supplémentaires chaque année dans les rues de la commune.

Impliquer les jeunes dans le combat

Par ailleurs, alors que le site est classé Seveso, les premières habitations doivent être situées à plus de 850 m de l’entrepôt, ce qui ne sera plus le cas si l’extension a lieu. « Ce projet a déjà obtenu l’aval de la préfecture du Bas-Rhin. Tepsa doit encore construire les cuves pour héberger ce gaz », confie Brice Johner. C’est justement car le projet n’est pas encore complètement ficelé que les deux frangins espèrent encore convaincre le groupe français de faire marche arrière.

Pour y parvenir, les deux Reichstettois de naissance ont créé le collectif « Teps’Out » en septembre dernier. « Nous menons des opérations de porte à porte pour informer les habitants mais notre force de frappe reste les réseaux sociaux. Lors de la première réunion d’information, nous avons constaté que très peu de jeunes y participaient donc nous avons décidé d’aller les sensibiliser avec nos vidéos », décrypte Brice.

Résultat : des vidéos qui cumulent des centaines de milliers de vues et des commentaires de soutiens venus de la France entière. « Nous nous rendons compte que notre mobilisation est partagée dans tout l’Hexagone. Des projets comme celui de Tepsa à Reichstett, il y en a partout et à chaque fois les citoyens s’y opposent », souligne le jeune homme.

Mais ce qui interpelle le plus les abonnés, c’est l’âge des deux protagonistes. « Beaucoup s’étonnent que deux garçons de 25 et 29 ans s’inquiètent du sort de leur commune et se plongent dans les règles du droit de l’environnement », s’amuse Brice. Celui qui travaille aussi en tant qu’entrepreneur souligne l’accueil favorable des Reichstettois lors des portes à portes menés par Teps’Out. « La majorité des habitants n’était pas au courant du projet de Tepsa Wagram. Ils nous remercient de les avoir informés et de notre mobilisation, c’est très encourageant », se targue le créateur du collectif.