C’est une nouvelle qui devrait réjouir les chauffeurs de VTC. Ce jeudi, le tribunal administratif de Paris vient de leur donner raison dans le bras de fer qui les oppose depuis des mois à la mairie de Paris. En jeu : l’accès à la très centrale rue de Rivoli et à la rue st Antoine.

Ces axes majeurs de la capitale sont aujourd’hui fermés aux véhicules motorisés. Le couloir de bus longeant les pistes cyclables est interdit aux véhicules particuliers et aux VTC. Il est uniquement accessible aux taxis, riverains, artisans, commerçants et véhicules de secours.

Une mesure post-Covid

Cette restriction de circulation avait été mise en place à titre provisoire lors du premier déconfinement au moment de la crise sanitaire liée au Covid-19 en 2020, pour favoriser les circulations douces. Elle a ensuite été pérennisée par un arrêté de la mairie de Paris.

Cette interdiction devait répondre à deux objectifs : favoriser les modes de déplacement actifs, et garantir à tout moment une fluidité du trafic automobile sur la voie réservée pour permettre, en cas de crise ou d’urgence, une intervention rapide des services de secours et d’urgence.

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Mais plusieurs sociétés de transport avec chauffeur, notamment Allo cab, Chabe et Uber y ont vu un avantage concurrentiel donné aux taxis et ont décidé de saisir la justice pour contester la décision de la mairie de Paris.

Ce jeudi, le tribunal administratif annonce qu’il juge « l’interdiction illégale » : « Les véhicules d’urgence et de secours sont autorisés par le Code de la route à emprunter les voies cyclables (…). L’interdiction de circulation des VTC n’était donc pas nécessaire pour garantir l’intervention rapide des services de secours et d’urgence », avance le tribunal administratif.

La Ville a trois mois pour autoriser l’accès

Il estime par ailleurs que cette interdiction, « qui a pour effet de réserver l’activité de transport individuel sur réservation préalable aux seuls taxis, porte une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l’industrie ainsi qu’aux règles de concurrence ».

Uber, l’une des compagnies qui avait d’abord engagé un recours gracieux avant de finalement saisir le tribunal administratif en janvier 2024, applaudit ce jugement. « La décision du tribunal en notre faveur sur tous les points permet aux chauffeurs VTC de désormais travailler en toute équité pour servir les besoins de mobilité des Parisiens au même titre que les taxis », insiste une porte-parole de la plate-forme.

Pour Brahim Ben Ali, secrétaire général de FO-INV, syndicat majoritaire chez les VTC, « c’est une très bonne nouvelle ». « Maintenant, nous allons voir comment récupérer le préjudice financier qui nous a été fait pendant toutes ces années, annonce le responsable. Beaucoup de chauffeurs qui étaient régulièrement verbalisés rue de Rivoli ont fini par perdre des contrats avec des groupes hôteliers. »