Ni TGV, ni Intercités, ni Transilien de la ligne R, ni RER D… Durant le long week-end férié du 1er mai, aucun train ne va arriver ou partir de la gare de Lyon, transformée en gare fantôme durant presque trois jours. Les interruptions de trafic débuteront dès le jeudi 30 avril à partir de 20h30 pour s’achever le dimanche 3 mai. À midi précise.
Cette fermeture exceptionnelle doit permettre à SNCF Réseau de boucler l’énorme chantier de remplacement des deux postes d’aiguillages « mécaniques », datant des années 1980 et qui gèrent les entrées et sorties de la gare de Lyon, par des équipements « informatisés » dernier cri. Ils seront raccordés durant le long week-end de travaux au nouveau centre de commande digitalisé des aiguillages du faisceau ferroviaire sud-est, construit en 2017 à Vigneux-sur-Seine (Essonne).
Même si la fréquentation des RER D et de la ligne R (qui transportent 700 000 usagers quotidiens en temps normal) est en général divisée par deux le 1er mai, la fermeture programmée risque de gêner bon nombre de voyageurs. Durant les travaux, aucun RER D ne circulera entre la gare du Nord et les gares de Juvisy-sur-Orge (Essonne) et de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) au sud. Les trains de la ligne R, eux, n’iront pas au-delà de Melun.
Les TER et Intercités redirigés vers la gare d’Austerlitz
Les TER et Intercités seront réorientés vers la gare d’Austerlitz. Quant aux TGV (dont 60 % du trafic habituel sera maintenu), ils arriveront ou partiront de terminus provisoires « délocalisés » dans les gares de l’Est, de Montparnasse, de Paris-CDG, de Marne-la-Vallée ou encore de Pont de Rungis et de Versailles-Chantiers.
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Durant les trois jours d’interruption de trafic, la gare de Lyon et ses commerces resteront cependant ouverts aux voyageurs. Notamment pour leur permettre d’accéder aux lignes 1 et 14 du métro et au RER A qui continueront à desservir normalement l’arrêt « Gare de Lyon ».
Mais les quais et les couloirs de la grande gare du sud-est parisien risquent d’être occupés essentiellement par les « gilets rouges » de la SNCF, mobilisés en nombre pour orienter les usagers privés trains.
Améliorer la fiabilité du RER D
« En terme d’avancée technologique, nous allons passer, en un week-end, du minitel au smartphone avec IA intégrée », résume Séverine Lepère, directrice de SNCF Réseau Île-de-France, insistant sur l’intérêt « stratégique » de l’opération. La digitalisation de tous les équipements de voie (signalisation, aiguillages…) et leur pilotage depuis un poste de commandement unique doivent en effet permettre d’améliorer la fiabilité, la robustesse, et la régularité de la ligne D… qui n’est pas la plus performante du réseau.
L’opération vise aussi à préparer l’installation sur la ligne de Nexteo. Ce système de pilotage semi-automatique des rames, qui pourrait équiper les lignes B et D à l’horizon 2030, doit permettre de réduire au maximum l’écart entre les trains et d’en faire circuler jusqu’à 31 par heure dans chaque sens (contre 28 actuellement) dans le tunnel central de Châtelet à la Gare du Nord que se partagent les deux lignes de RER.
La dernière phase du chantier de digitalisation des voies sud-est menée le 1er mai prochain interviendra après… 4 ans et 400 000 heures de travaux préparatoires d’ingénierie puis d’installation des nouveaux équipements de voie. « Il nous reste à les raccorder », indique Amandine Granier, directrice adjointe de la division travaux de SNCF Réseau. Une étape plus importante qu’il n’y paraît. Les équipes de la SNCF (et des sociétés partenaires) ne disposeront en effet que de 60 heures pour connecter 1 500 « objets ferroviaires », puis les tester un par un.
Le poste d'aiguillage "vintage" de la gare souterraine du RER D fermera ses portes jeudi soir prochain pour être remplacé par celui de Vigneux-sur-Seine (Essonne) à partir du 3 mai. LP/B.H.