Ce 22 avril était une journée symbolique pour l’environnement : le Jour de la Terre. Mais dans le parc national des Abruzzes, du Latium et de Molise, dans le centre de l’Italie, trois loups ont été découverts morts empoisonnés près du village de Pescasseroli, rapporte le parc. « Il est impossible de ne pas ressentir l’amertume de cette coïncidence, alors que nous continuons d’enregistrer des décès dans l’un des sites les plus emblématiques de la conservation de la nature », constate le parc national dans un communiqué.

En effet, cette découverte s’ajoute à d’autres dans le même genre qui se multiplient ces derniers jours dans cette zone de montagne protégée depuis plus d’un siècle. Il y a quelques jours, déjà, quatre carcasses de loups ont été découvertes dans une autre zone du parc, aux côtés de cadavres de renards et d’une buse. Un autre loup mort a été retrouvé non loin de là, à Barrea. Au total, ce sont 18 spécimens qui ont été découverts morts dans la zone en une semaine, selon WWF Italie.

Des traces de pesticides utilisés dans pour des appâts agricoles

Le parquet de Sulmona a ouvert une enquête contre X après ces macabres découvertes. Pour l’heure, la piste de l’empoisonnement semble privilégiée « bien qu’aucun appât ou objet empoisonné n’ait été retrouvé à ce stade », indique le parc national des Abruzzes.

Les analyses de 13 carcasses ont montré la présence « de traces de pesticides utilisés dans l’agriculture dans des appâts empoisonnés destinés aux animaux », constate l’Agence nationale de protection animale (ENPA), citée par la chaîne d’information Sky TG24. « Nous continuons d’espérer qu’il n’y aura pas d’autres mauvaises nouvelles », ajoute le parc dans son communiqué.

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Selon WWF, ces empoisonnements en série pourraient menacer d’autres animaux sauvages du parc, dont l’emblématique ours brun marsicain. Considéré comme une espèce en danger critique par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cet ours n’est représenté que par quelques dizaines d’individus seulement dans la zone, rappelle l’ONG.

Des questions autour de la régulation

« Je considère le massacre de 18 loups et d’autres animaux sauvages dans le parc national des Abruzzes comme un acte horrible et grave », a réagi le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité Énergétique Gilberto Pichetto Fratin, assurant son soutien à la protection du loup, « une espèce animale essentielle à l’équilibre de notre écosystème.

Le loup est considéré comme une « espèce spécifiquement protégée » en Italie mais bénéficie, comme en France d’une régulation. L’Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale (ISPRA) dispose d’un plan qui prévoit l’abattage de 160 loups maximum chaque année en Italie, dont 9 dans la région des Abruzzes. Après les découvertes de ces derniers jours, l’ENPA appelle ainsi à supprimer le plan d’abattage légal, les quotas étant « déjà dépassés » par le braconnage. 34 loups sont morts au cours des deux premiers mois de l’année estime l’Observatoire italien du loup.