Il veut recentrer le débat. Alors que certaines voix militent pour supprimer la taxe CEE (aussi appelée C2E) pour réduire les prix à la pompe, Sébastien Lecornu s’est dit « agacé » ce jeudi de voir que les distributeurs n’évoquent pas la possibilité de limiter leurs propres marges, en pleine crise de hausse du coût du carburant.
Lors d’une conférence de presse après des annonces sur le logement, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le Premier ministre a été interrogé sur la suppression éventuelle de la taxe CEE, une taxe de 16 centimes par litre de carburant servant à financer les certificats d’économies d’énergie subventionnant des travaux de rénovation énergétique. Une idée suggérée notamment par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella.
« J’ai été un tout petit peu agacé de voir que le débat allait » sur les C2E, a réagi Sébastien Lecornu, qui, lui, veut plutôt remettre en question les marges des distributeurs sur les carburants. Et Le Premier ministre de rappeler à demi-mot que son gouvernement a travaillé sur un décret visant à encadrer ces marges.
Le risque d’un « plan social » dans le bâtiment
« Les C2E, c’est très facile de taper dessus parce que personne ne comprend rien exactement à comment ça fonctionne », a-t-il poursuivi. Mais supprimer ces certificats, c’est toucher « au bout du tuyau », à « tous les Français qui sont engagés dans des chantiers de rénovation, de leur maison, leur appartement ».
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« Suspendre les C2E, c’est suspendre la subvention pour les Français. (…) C’est mettre un énorme plan social sur l’ensemble des entreprises de bâtiment de ce pays », a-t-il ajouté.
En parallèle, le Premier ministre a accusé les distributeurs d’avoir déplacé le débat pour ne pas parler des marges effectuées sur le coût du carburant. « J’ai demandé aux ministres d’objectiver une bonne fois pour toutes ce qui s’était passé sur les marges des distributeurs », a-t-il déclaré.
« Ça doit diminuer à la pompe »
« Comme on est dans une crise de la volatilité des prix, sur une inflation qui est importée parce qu’il y a quand même la guerre (…) quand ça augmente vite sur les marchés, notamment le cours du Brent et les marchés asiatiques, ça augmente vite à la pompe, ça, tout le monde s’en est bien rendu compte, de Marseille à Vernon (Eure) », a expliqué Sébastien Lecornu.
Mais « quand ça diminue (…), ça diminue parfois moins vite à la pompe ». Or, le chef de l’exécutif veut défendre une règle : « Quand ça augmente au global, on comprend que ça augmente à la pompe », mais « quand ça diminue au global, ça doit diminuer aussi vite à la pompe ».