Reçu à Matignon ce vendredi 24 avril, le collectif souhaite qu'un travail entre divers ministères soit engagé pour mieux prendre en compte la question des violences périscolaires au niveau national. Si de très nombreux cas ont émergé à Paris depuis l'an dernier, SOS Périscolaire rappelle que d'autres villes françaises ne sont pas épargnées.

Après avoir été reçu à l'Élysée le mois dernier, c'est désormais à Matignon que le collectif SOS Périscolaire se rend ce vendredi 24 avril avec un objectif bien précis: travailler main dans la main avec le gouvernement pour que la question des violences dans le périscolaire soit prise en main à l'échelle du pays.

Car si de très nombreux signalements ont levé le voile sur un problème d'ampleur dans le milieu du périscolaire à Paris,- notamment l'an dernier, et ont conduit à plusieurs annonces du nouveau maire Emmanuel Grégoire-, "au niveau national, il ne s'est encore rien passé", déplore Anne, membre du collectif, auprès de BFM.

Ce "rendez-vous de travail" a donc pour but de faire naître un plan d'attaque sur tout le territoire, pour éviter que de telles violences ne prospèrent dans les écoles.

Pour ce faire, le collectif SOS Périscolaire souhaite que plusieurs ministres (de la Jeunesse, de la Famille, de l'Éducation, de la Santé et de la Justice) travaillent de concert pour identifier d'où proviennent les failles, et comment les combler. "Si on parvient à entamer ce travail interministériel, on devrait pouvoir entrer dans un processus de cercle vertueux", espère Anne.

"C'est le far-ouest"

À Paris, le périscolaire est géré par la Direction des Affaires scolaires (DASCO), qui délègue aux Circonscriptions des affaires scolaires et de la petite enfance (CASPE) la gestion des animateurs.

Les autres villes françaises répondent à un modèle différent: d'une part, les temps périscolaires peuvent avoir le statut d’Accueils collectifs de mineurs (ACM) et sont encadrées par les services départementaux à la jeunesse et aux sports (SDJES). Dans ce cas, ils ont la possibilité d'organiser des contrôles et de faire remonter des signalements.

Mais ils peuvent aussi avoir le statut de simple garderie. "Un certain nombre d'écoles ne sont pas déclarées par le maire aux SDJES et ne sont alors encadrées par rien. Là, c'est le far-ouest: les animateurs peuvent être de simples agents municipaux, la dame de la cantine, le conducteur du bus ou encore le jardinier comme on a pu le voir, sans formation ni expérience", indique Anne de SOS Périscolaire.

Pour pallier à ce problème, le collectif demande à ce que les modes de garde en France soient uniformisés, ou à défaut, à ce que ces garderies soient encadrées par les services départementaux à la jeunesse et aux sports.

Un premier rendez-vous à l'Élysée en mars

Le 16 mars dernier, les représentantes du collectif SOS Périscolaire avaient déjà été reçues par deux conseillers d'Emmanuel Macron pour discuter de cette même thématique.

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"Nous sommes très satisfaites en particulier car ils nous rejoignent sur le constat que le périscolaire est l’angle mort des violences faites aux enfants et qu’il nécessite des mesures nationales, fortes et concrètes", avaient-elles indiqué dans un communiqué suite à ce rendez-vous.

Le 28 avril, elles rencontreront cette fois-ci Cristelle Gillard, toute nouvelle déléguée à la protection des enfants à l'Ecole de l'Education nationale.