Le journaliste Frédéric Pommier a affirmé dans son livre Derrière les arbres (Flammarion) avoir subi des viols lorsqu'il était enfant de la part de quatre hommes, dont un homme politique non nommé qui a été "maire et député" en Normandie. Joaquim Pueyo dénonce de "fausses accusations" et va engager une poursuite en justice.
"On n'en restera pas là". L’ex-maire d’Alençon Joaquim Pueyo va porter plainte contre le journaliste de France Inter et auteur du livre Derrière les arbres (Flammarion) Frédéric Pommier, indique ce jeudi 23 avril l'avocat de l'élu, Me Jérémy Kalfon, dans un communiqué cité par Ouest France, confirmant une information de France 3 Normandie.
Dans son livre, le journaliste avait dénoncé les viols qu'il a subis, enfant, par quatre hommes. Un homme politique, qui a été "maire et député" en Normandie, est accusé dans l'ouvrage, sans être nommé. Frédéric Pommier a porté plainte contre cet ex-élu et une confrontation a été organisée par les enquêteurs début 2026, durant laquelle celui qu'il appelle "le maire" a vigoureusement nié les faits.
Par la suite, "des médias ont identifié M. Joaquim Pueyo", avait indiqué l'avocat de ce dernier, le 18 avril dernier, dénonçant de "fausses" accusations. Me Jérémy Kalfon ajoute ce jeudi dans son communiqué qu'elles sont "extrêmement graves", "portées publiquement" et que l'élu "demande donc réparation".
"La prescription empêchant la diligence d’une enquête impartiale, sérieuse et contradictoire donnant lieu à une réponse formulée par un juge indépendant, le préjudice subit par Joaquim Pueyo est permanent", écrit l'avocat de l'ancien maire.
Une affaire prescrite
"Ce livre, c'est pour rendre justice au petit garçon que j'étais. Et au petit garçon qu'on a bousillé. À quatre ans, à cinq ans, à six ans, à sept ans", a martelé l'auteur, lors d'un entretien entrecoupé de silences émus, durant la matinale de France Inter le 16 avril dernier.
"Pendant longtemps, il n'y a pas eu un seul jour où je n'ai pas été hanté plusieurs fois dans la journée par certaines images. On a beau faire tout pour être heureux. On a beau faire tout pour rendre les gens heureux aussi (...) il y a toujours quelque chose qui nous y ramène parce que le corps, il n'oublie pas", a-t-il ajouté, la voix remplie de sanglots.
Dans son ouvrage, il y désigne ses agresseurs sans les nommer: le petit ami d'une nourrice, un gardien de son immeuble, un jeune homme dans une piscine pendant des vacances et donc cet homme politique qu'il ne nomme pas: "ce n'est pas mon sujet".
Le procureur de Caen, Joël Garrigue, a confirmé à l'AFP que son parquet avait été saisi d'une plainte du journaliste "pour des faits de viol survenus dans l'Orne en 1982-83". "Au terme de ces investigations, et bien que la parole de Frédéric Pommier paraisse parfaitement crédible et ses accusations tout à fait sérieuses, le parquet de Caen n'a pu que classer ce dossier en raison de la prescription de l'action publique", a-t-il ajouté.