Les États-Unis vont-ils mettre leurs menaces à exécution ? Très critique sur l’action de ses alliés de l’Otan au Moyen-Orient, Washington envisagerait plusieurs mesures à l’encontre d’autres membres de l’organisation politico-militaire, rapporte ce vendredi l’agence Reuters qui cite un courriel interne au Pentagone. Cette note détaille les différentes options dont dispose Washington à l’encontre des autres membres de l’Otan, non-belligérants contre l’Iran. Parmi les possibilités présentées par cette note, la suspension de l’Espagne de l’alliance, Madrid ayant notamment décidé dès la fin mars de fermer son espace aérien aux avions militaires américains, même ravitailleurs.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est montré à plusieurs reprises critique envers le président américain Donald Trump et son homologue israélien Benyamin Netanyahou. Depuis plusieurs mois, Donald Trump reproche également à l’Espagne de ne pas avoir augmenté à 5 % du PIB ses dépenses militaires, comme le veut le nouvel objectif de l’Otan poussé par Washington. Comme le rappelle Reuters, les États-Unis possèdent deux bases militaires en Espagne : la base navale de Rota et la base aérienne de Morón.

« Nous ne travaillons pas sur la base d’e-mails, nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des États-Unis formule », a répondu Pedro Sánchez à des journalistes espagnols. « La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale », a-t-il poursuivi.

Un retrait américain pas envisagé

Cela serait-il possible techniquement ? Pas de réponse à cette question dans le courriel du Pentagone, selon Reuters qui n’a pas connaissance non plus d’un tel mécanisme de suspension. Dans tous les cas, suspendre l’Espagne de l’Otan aurait un effet militaire limité, mais le symbole serait important, d’après le département de la Défense.

Parmi les autres options figurent une éventuelle réévaluation du soutien américain aux « possessions impériales » européennes comme les îles Malouines (est de l’Argentine), territoire autonome britannique revendiqué par l’Argentine. Comme le note Reuters, le président argentin Javier Milei est de plus… un allié de Donald Trump. De même, sans que plus de détails ne soient apportés, l’option d’une suspension des pays « difficiles » de leurs postes importants à l’Otan est envisagée.