Deux semaines après l'agression au couteau d'une élève dans un lycée de Loire-Atlantique, le grand frère du suspect assure que ce dernier était en situation de détresse psychologique et que sa famille avait demandé une prise en charge.

Incompréhension, regret et colère. Ce sont les sentiments qui prédominent dans le témoignage du grand frère de l'adolescent de 15 ans suspecté d'avoir poignardé l'une de ses camarades le 10 avril dernier à Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique). Selon lui, le drame aurait pu "être évité".

L'enquête se poursuit, mais l'agresseur, qui a reconnu les faits, a été mis en examen et écroué pour tentative d'assassinat. Le 10 avril, dans une cage d'escalier du lycée Joubert-Maillard, il est soupçonné d'avoir porté plusieurs coups de couteau à une élève de 15 ans, au ventre, à la poitrine et à la cuisse.

Transportée à l'hôpital et opérée en urgence, la victime a survécu. Les investigations ont permis, selon le parquet, de "caractériser la préméditation". L'adolescent à l'origine de l'agression a exprimé un "fort ressentiment" à l'égard de la lycéenne face à "la dégradation de leur amitié qu'il ne vivait pas bien".

Deux tentatives de suicide

Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a aussi souligné les "fragilités" psychologiques du suspect. Fragilités qui, selon son grand frère, n'ont pas été entendues ou prises en charge.

Auprès de Ouest-France, ce vendredi 24 avril, ce jeune homme de 25 ans ne cherche pas à excuser le lycéen dont les actes sont, selon ses propres mots, "injustifiables". Mais s'il est certain que l'adolescent "tenait l'arme", des professionnels de santé auraient pu, "symboliquement", "le désarmer avant les faits", assure le frère de l'assaillant.

Il explique que son petit frère a tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours avant l'agression. Après la deuxième tentative, survenue moins de trois semaines avant les coups de couteau, le lycéen n'a pas été gardé plus de "quelques heures" aux urgences". "Il y a eu un manque d'écoute, de prise en compte d'une situation", déplore le grand frère.

Leur mère "avait demandé qu'il soit pris en charge, hospitalisé en psychiatrie, soigné", en vain. Faute de pouvoir obtenir des horaires aménagés au lycée pour son fils, elle avait même fini par quitter son emploi pour "pouvoir s'occuper de lui".

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Pour expliquer ce mal-être grandissant chez l'adolescent, le jeune homme fait le lien avec la mort brutale de leur père, un gendarme qui a mis fin à ses jours en 2020. "Mon frère avait 10 ans quand c'est arrivé. C'était un enfant, il a grandi avec ça".

Aujourd'hui, l'aîné confie "en vouloir un peu à l'hôpital". Il dit aussi "penser à la famille" de la victime, tout en peinant a réaliser ce qu'a fait son frère, qu'il voit "comme un petit garçon". "Pour nous, c’est difficile de le voir comme un criminel quand on se dit que ça aurait pu être évité", regrette-t-il.