Il aura fallu presque 50 ans depuis la toute première Marche des fiertés, qui s’était tenue en juin 1977 à Paris, pour que la ville de Chartres saute le pas. « Même si ça n’arrive que maintenant, en 2026, ça envoie un signal positif et surtout, ça vient combler un vrai manque en Eure-et-Loir. » D’une même voix, plusieurs membres du Collectif Pride 28, derrière la création de cette manifestation à venir, se félicitent d’initier un tel changement pour les générations futures.
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« L’idée d’organiser une Pride à Chartres est née d’un groupe d’amis et grâce à des apéros queers mensuels, on a vite été rejoints par des dizaines de motivés pour nous aider à monter le projet » Un collectif composé de profils différents : vitrailliste, intermittent du spectacle ou professeur de français, âgés de 20 à 70 ans, et qui se veut sans étiquette malgré certains de ses visages et soutiens engagés à gauche et écologistes. « Cette marche ne suit aucun parti politique, on est vraiment de tous horizons et notre seul but est de revendiquer des droits : comme la visibilité et la tolérance »
Des participants attendus de la France entière
Si le dernier cortège parisien comptait 500 000 manifestants, dans les rues de Chartres les organisateurs rêvent également d’un joli suivi. « On espère ressembler 400 personnes pour une grande fête ! En général, les manifestations ici réunissent 200 personnes mais on estime qu’on peut faire mieux ».
Via ses réseaux sociaux, le collectif communique déjà sur l’évènement et reçoit des messages d’intéressés. « On a des gens de communes comme Brou et Châteaudun, mais aussi de Picardie et de Rouen qui ont prévu de venir. Il y a même des Parisiens qui seront là le 6 juin. D’ordinaire, c’est nous qui montons à Paris et, ce qui va être beau, c’est qu’il va y avoir un mouvement inverse. »
Pas de chars toutefois de prévus dans le centre piétonnier de Chartres, un peu étroit pour les envisager, mais des spectacles de danse, des pancartes à messages, des ballons, des paillettes, un vélo-sono, et la présence d’une Batucada ainsi que d’une fanfare de l’Orne. « Ça nous tient à cœur que ce soit une marche joyeuse, que l’on puisse y venir avec ses enfants ou juste pour s’amuser à nos côtés » Le parcours de cette Pride LGBTQIA +, ouverte donc à toutes les identités, partira de la Place des Halles, juste devant la mairie, pour se terminer sur la Place Châtelet, avec la Cathédrale en toile de fond.
« On peut être croyant et vouloir l’inclusion »
Emblème de la ville, cette Cathédrale a justement été source de questionnements pour le collectif. « Nous avons eu des retours qui nous disaient de ne pas faire apparaître l’édifice religieux sur l’affiche de la Pride mais nous, on est contre personne. On est même convaincu qu’on peut être croyant et vouloir l’inclusion la plus totale, c’est le cas d’une de nos grands-mères. Et, pour l’anecdote, on a un pasteur qui a liké nos publications ! »