Un kilomètre et 900 mètres de natation, 90 kilomètres de vélo et un semi-marathon pour finir les réjouissances sur la Promenade des Anglais… Les quelque 5 000 athlètes, hommes et femmes, inscrits aux Championnats du monde Ironman 70.3 (une variante du full Ironman) pourront bien suer corps et âme et repousser leurs limites physiques les 12 et 13 septembre prochains à Nice (Alpes-Maritimes). Ce n’était pourtant pas gagné…
Jeudi, le maire Éric Ciotti (UDR) avait annoncé l’annulation pure et simple de cet événement (ainsi que celles de l’Ultra trail Nice Côte d’Azur by UMTB et l’International de pétanque) afin de couper 2,65 millions d’euros de dépenses publiques dans le cadre d’un plan d’économies global à 60 millions d’euros. « Il y avait un marché de quatre ans et c’était la dernière année avec la société privée qui l’organise », avait-il notamment argumenté, dénonçant le fait que l’Ironman 70.3, s’il amène du monde, « bloque tout notre réseau routier un week-end entier, l’accès aux commerces » et mobilise trop de services de la ville et de la métropole, de forces de l’ordre.
« On ne fait pas n’importe quoi avec l’argent public »
« Je souhaite que les policiers municipaux ne soient pas mobilisés que sur des événements et se consacrent à la sécurité des Niçoises et des Niçois », avait-il également lancé, semblant reprocher à cette compétition de (très) haut niveau d’autres défauts que son seul coût pour la collectivité niçoise…
La messe semblait donc dite et inquiétait sérieusement la communauté des athlètes qui ont commencé à batailler ferme depuis le 1er juillet dernier en vue de se qualifier pour ce triathlon de l’extrême. Des efforts sportifs, parfois d’une vie, mais aussi financiers raconte Magaly-Kay, une Niçoise très affûtée avant son cinquième Championnat du monde Ironman 70.3 cette année : « Rien que le dossard coûte 810,39 euros avec les taxes, confie-t-elle. Ce sont souvent des gens aisés du monde entier qui ont du matériel qui coûte très cher, consomment et vont au restaurant. Ils viennent au moins une semaine à Nice puis une autre semaine ailleurs en France pour en profiter. C’est forcément bénéfique pour la région et le pays, je ne comprends pas que l’on puisse économiser sur ça ! » Beaucoup avaient réservé leur hôtel et les billets d’avion depuis longtemps et ne voyaient pas d’un très bon œil cette annulation brusque, à moins de six mois du top départ.
Finalement, le premier coup de théâtre est arrivé tard dans la nuit de jeudi à vendredi. Tous les participants ont reçu un mail confirmant que ces Championnats du monde, propriété de la World triathlon Corporation, « se tiendront comme prévu aux dates précédemment communiquées ». Un premier indice que la situation se débloquait…