Coup de tonnerre à Clermont Auvergne Métropole (Puy-de-Dôme). Vendredi matin, Hervé Prononce, maire du Cendre (Horizons), a été élu président à la majorité absolue, dès le premier tour, avec 48 voix contre 31 pour son concurrent LR, Julien Bony. Une victoire nette qui sonne comme une véritable gifle pour le maire de Clermont-Ferrand.
C’est une première depuis la création de la Métropole : son président ne sera pas le maire de la ville-centre. Une rupture historique qui marque l’échec d’une stratégie politique brouillonne. Pendant toute la campagne des municipales, Julien Bony avait martelé qu’il ne briguerait pas la présidence de la Métropole, avant de changer d’avis après son élection face au socialiste Olivier Bianchi. Une volte-face qui a crispé jusque dans son propre camp, notamment chez des centristes de l’exécutif sortant, peu enclins à lui accorder leur confiance.
En face, Hervé Prononce, figure politique locale et ancien vice-président de la Métropole, a joué la carte du rassemblement. Soutenu par une partie de la gauche et des élus du centre, il a méthodiquement construit sa victoire en coulisses, ces derniers jours. « J’ai beaucoup travaillé, échangé avec les élus, proposé un projet clair. Il semble que cela ait trouvé un écho favorable », savourait-il à l’issue du vote. « Cette victoire, c’est celle du rassemblement. Je veux une gouvernance collective, transparente et efficace. »
Il siégera comme premier vice-président
Le nouvel homme fort de la Métropole promet déjà un changement de méthode. « Je serai un président de terrain, disponible, présent dans les communes. » Son cap : une « métropole du quotidien », axée sur les mobilités, le logement et la transition énergétique.
Quelques rangs plus loin, le maire LR de Clermont-Ferrand, encaisse, visage fermé. « C’est un moment démocratique, je respecte le résultat. Mais je constate que M. Prononce a été élu dès le premier tour grâce aux voix des élus de gauche clermontois, ce qui avait été formellement nié. J’ai vu d’ailleurs certains s’en féliciter, tant mieux », lâche Julien Bony. Avant d’admettre : « Peut-être ai-je été naïf de penser que ceux qui avaient été battus dans les urnes n’avaient plus de poids au sein de cette assemblée. » Le maire de Clermont dénonce en creux « des calculs d’arrière-boutique », mais promet de « travailler » au sein de l’exécutif, où il siégera comme premier vice-président.
Recul des femmes dans l’exécutif
Dans ses rangs, la pilule a du mal à passer. « On ne s’attendait pas à un tel écart… C’est la douche froide », confie, en off, un soutien. « Sa décision tardive de se lancer nous a plombés. » La défaite est d’autant plus sévère qu’elle intervient à peine un mois après son élection municipale.