Toujours plus grands, toujours plus spacieux : ce sont les bateaux multicoques de luxe présentés à flots à La Grande-Motte jusqu’à dimanche à l’occasion du Salon International du Multicoque. La station balnéaire de l’Hérault est considérée dans la communauté des passionnés comme La Mecque des catamarans. Là se créent les Outremer et les Gunboat.

Cette année 2026, dans un marché moins euphorique, les constructeurs voient toujours plus grand, encouragés par les visiteurs et les clients qui veulent un véritable appartement flottant : jusqu’à cinq cabines avec salle de bains privative et un vaste salon pour répondre à la demande croissante du marché de la location.

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Dans le labyrinthe des pontons assemblés pour présenter aux 15 000 visiteurs les 82 pépites flottantes - affichées à un prix moyen de 5 millions d’euros -, on ne trouve pas trace de la star absolue : le Gunboat, la Formule 1 de la mer, un bateau de course équipé pour des voyages au long cours et fabriqué ici même dans les hangars de La Grande-Motte par une équipe de 170 personnes, tous experts pour construire solide mais très léger. « Nous n’avons pas de bateau disponible pour le mettre à flot », argumente Xavier Desmarest, le patron du groupe français Grand Large yachting.

Un marché mondial de niche

C’est lui qui voici dix ans avait eu l’idée de racheter à la barre d’un tribunal américain cette marque mythique en faillite pour la réindustrialiser en France à partir du chantier Outremer. « Plus de la moitié de nos prospects sont américains. Nous avons gagné la bataille de l’attractivité et de la réputation. Nous livrons le bateau à l’heure et au juste poids. Et les clients sont encouragés à participer à la construction du bateau », explique Rodolphe Cadoret, directeur du marketing.

Les clients ? Ils viennent ici en général pendant deux séquences de cinq jours de travail et d’élaboration, à la fois sur la décoration la distribution des espaces de vie et le choix des options qui font grimper l’addition : 10,5 à 12 millions d’euros pour le Gunboat 72, le plus vendu, et même entre 18 et 20 millions pour le 80, en attendant le plus de 100 pieds promis sur plan et images de synthèse pour la fin de l’été.

« Nous sommes devenus, dans ce marché mondial de niche, la capitale des catamarans. En 2025, 60 % des visiteurs étaient de l’international. Et des opérateurs ont même acheté leur résidence secondaire ici », se félicite Stéphan Rossignol, le maire.

D’ici la livraison de leur Outremer 57, le tout premier exemplaire, en avril 2027, Mark et Marijke ont posé leurs sacs dans un appartement de location à quelques centaines de mètres du chantier naval. « On a vendu notre bateau, un Outremer 55. Nous allons pouvoir suivre la construction du prochain et vivre dans la ville où il est né avant de reprendre nos tours du monde », expliquent ceux qui ont revendu leur prospère société de nouvelles technologies à Amsterdam (Pays-Bas), pour vivre de leur passion, la navigation hauturière, dans les meilleurs spots du monde : la Barbade, le Cap Vert, Samoa, Tonga Polynésie…