Rien ne peut apaiser leur peine. Mais rien ne pourra arrêter leur combat. Jalil et Valérie Narjissi ont accueilli la nouvelle de la mise en examen de la Fédération française de rugby ce vendredi pour homicide involontaire après la disparition en mer le 7 août 2024 de leur fils Medhi, en stage avec l’équipe de France des moins de 18 ans en Afrique du Sud, avec la même douleur qui les accompagne depuis cette date funeste.

« La justice fait son travail, mais on ne peut pas se réjouir, réagit Jalil Narjissi. On voit que ça avance mais notre vie s’est arrêtée depuis ce jour. Des adultes ont joué avec la vie d’adolescents et le nôtre n’est pas revenu. Nous voulons que toute la chaîne de responsabilité soit établie. »

Leur fils Medhi avait 17 ans. Il a disparu, emporté par de fortes vagues à l’occasion d’une séance de récupération organisée sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance. Son corps n’a pas été retrouvé.

Le préparateur physique du staff de l’équipe de France Robin Ladauge, qui avait organisé la séance, a été révoqué de la fonction publique en août 2025 et l’ancien manager Stéphane Cambos a été suspendu pour deux ans dont un ferme. Les deux hommes avaient été précédemment mis en examen pour homicide involontaire par le tribunal d’Agen.

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« Il y en a deux qui sont embêtés mais il y avait neuf adultes encadrants qui n’ont rien fait ni pour empêcher ça ni pour porter secours à Medhi, ajoute Jalil. Il y a un président de la FFR (Florian Grill qui a comparu ce vendredi au tribunal d’Agen dans le cadre de l’information judiciaire engagée), il y a un vice-président, un directeur technique national. Il faut que tout le monde assume ses responsabilités. »

« Cela ne fait que remuer la douleur »

Au bout du téléphone, Jalil est effondré. Comme Valérie, son épouse. « J’ai attendu toute la journée et je pensais que cette décision allait me satisfaire mais pas du tout, dit-elle. Je suis anéantie. Chaque fois qu’il y a quelque chose, cela ne fait que remuer la douleur. À chaque fois, c’est pire. Pour nous, elle sera toujours là. Cette mise en examen, ce n’est qu’une étape mais il faut qu’il y en ait d’autres. Tous les responsables doivent être inculpés. »